Une année de frustration pour MBDA

Le 15 mars 2011 par Guillaume Lecompte-Boinet

Le missilier européen, filiale d’EADS, BAE Systems (37,5 % chacun) et de Finmeccanica (25 %), a enregistré une légère croissance de ses ventes consolidées, avec 2,8 milliards d’euros en 2010 contre 2,6 milliards en 2009. Le résultat opérationnel du fabricant de l’Exocet reste à un niveau supérieur à 10 %.

Mais la mauvaise nouvelle provient des prises de commandes, qui ont chuté de 15 % à 2,2 milliards d’euros. « C’est une déception, reconnait Antoine Bouvier, le PDG. Nous escomptions un grand contrat à l’export qui ne s’est pas concrétisé ». En clair, en tant qu’équipementier du Rafale, MBDA espérait que la France vende son avion de combat soit au Brésil, soit aux Emirats arabes unis.

Or compte tenu de la situation géopolitique aux Emirats, et politico-budgétaire au Brésil, ces deux contrats ne seront pas signés avant 2012. Au mieux. MBDA peut toutefois se consoler : son carnet de commandes représente près de quatre années de chiffre d’affaires.

Espoir de contrats en Inde et en Turquie

Pour 2011, Antoine Bouvier reste serein : « la perspective la plus encourageante en matière de contrat export est l’Inde ». Il s’agit du marché de la rénovation des 57 Mirage 2000H, un dossier qui avance doucement dans les méandres de la bureaucratie indienne. De même, MBDA participe à un appel d’offre pour équiper la Turquie d’un système de défense aérienne avec son missile Aster, qui pourrait déboucher cette année.

Le PDG de MBDA table sur une légère augmentation des ventes consolidées, une rentabilité équivalente à 2010, et un rattrapage en matière de prises de commandes. En ligne de mire : atteindre 4 milliards de chiffre d’affaires d’ici 2020, et surtout une part à l’export de 50 % contre un tiers actuellement (c’est-à-dire hors des quatre pays MBDA que sont la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne).

MBDA roi des missiles en Europe

La grande priorité de 2011 et des années suivantes sera la mise en œuvre du plan « One MBDA », issu de l’accord gouvernemental entre la France et le Royaume-Uni fin 2010. L’objectif est d’aller au-delà du modèle d’intégration réalisée jusqu’à présent, qui est avant tout basé sur la coopération au travers de programmes de missiles. « Il faut maintenant que MBDA, qui fête ses dix ans cette année, réalise une véritable intégration industrielle », souligne Antoine Bouvier. Cela passera par un partage de souveraineté beaucoup plus poussé entre les deux pays, et chez MBDA, d’une plus grande spécialisation des sites industriels et des bureaux d’études.

Français et Anglais partageront des technologies, des process, définis en fonction des besoins des deux pays en matière de missiles. Et MBDA jouera le rôle de maître d’œuvre unique en matière de missiles. Ce qui va relancer les spéculations sur d’éventuelles discussions entre MBDA et les autres sociétés européennes des missiles, comme Sagem (Safran), Thales ou Diehl. « Il n’y a –à ce jour- aucune discussion entamée », a toutefois tenu à préciser Antoine Bouvier. Jusqu’à présent…

Source : L’Usine Nouvelle

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