L’aéronautique chinoise part à la conquête des États-Unis

02/03/2011

Le premier avionneur chinois Avic rachète l’américain Cirrus, spécialiste des «bizjets». Il s’offre ainsi un ticket d’entrée sur le marché de l’aviation d’affaires américain, le premier au monde.

C’est une première. L’aéronautique chinoise part à la conquête des États-Unis en y réalisant une première acquisition. China Aviation Industry General Aircraft (GAICA), la branche aviation générale d’Avic, premier constructeur chinois, annonce avoir signé un «accord définitif» pour le rachat de l’américain Cirrus, le spécialiste des petits jets d’affaires aussi appelé pocketjets. L’américain est leader sur le segment des appareils de quatre place avec sa gamme SR 20, 22 et 22T dont il a livré 5000 exemplaires dans 60 pays ces dix dernières années. Cirrus dispose d’un carnet de commandes de 500 appareils.

En Chine, l’opération a été applaudie. «C’est une étape importante pour l’expansion mondiale de CAIGA» et plus généralement d’AVIC, qui lui sert de porte d’entrée sur le marché de l’aviation générale (activité civile autre que le transport commerciale), s’est ainsi félicité le journal China Daily. Meng Xiangkai, président de GAICA, proposera trois appareils de la gamme de Cirrus en Chine et envisage de construire une ligne d’assemblage en Chine.

Avec cette acquisition, l’aéronautique chinoise déploie un peu plus son offre et sa gamme d’avions. Avec le Comac C 919, elle offrira à partir de 2015-2016 un gros porteur rival des Airbus A 320 et Boeing B 737. Avec l’ARJ-21 qui est en phase de tests, la Chine s’installe sur le segment des avions régionaux occupés jusqu’ici par un duopole formé du canadien Bombardier et du brésilien Embraer. Elle s’est aussi lancée dans l’aviation d’affaires et désormais elle est présente sur le segment des petits appareils.

Pékin s’organise pour profiter de l’explosion des besoins chinois en transport aérien sur tous les segments du marché de l’aviation. L’opération intervient en outre alors que les autorités chinoises ont annoncé fin novembre 2010 «l’ouverture progressive» de l’espace aérien de basse altitude, là où vole les petits avions d’affaires et les hélicoptères.

Cirrus offre aussi une belle opportunité aux Chinois pour s’implanter de plain-pied aux États-Unis, premier marché aéronautique au monde. Certes en commençant avec de petits appareils mais, comme le rappelle la presse chinoise, ce n’est qu’un début. A noter, cette fois ci les Chinois ne se sont pas heurtés à un veto américain contrairement à d’autres tentatives d’acquisitions aux États-Unis, dans le pétrole ou les télécoms. Dernier épisode en date, Huawei, le leader chinois des équipements de télécommunications a dû renoncer à acquérir des brevets appartenant à 3Leaf Systems, société spécialisée dans l’optimisation de mise en réseau d’ordinateurs. S’étant saisi du dossier, le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) a rendu un avis défavorable, s’inquiétant des liens de Huawei avec le gouvernement chinois. Huawei est devenu en peu de temps un rival sérieux des Occidentaux et en particulier de Cisco. De quoi méditer pour les acteurs d’autres industries stratégiques.

Source: Véronique Guillermard pour Le Figaro

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