Fincantieri propose de racheter le chantier canadien Davie

04/04/2011
Le groupe italien et DRS Technologies Canada ont conclu avec Davie un accord d’exclusivité en vue de négocier le rachat du chantier naval québécois. Grâce à cette offre, Davie, placé depuis un an sous le coup de la loi canadienne sur les arrangements avec les créanciers, a obtenu de la Cour supérieure un sursis pour négocier sa reprise. La date butoir est fixée au 18 mai, date limite à laquelle les chantiers doivent postuler au plan de renouvellement de la marine canadienne, qui doit porter sur 35 milliards de dollars de navires neufs. Car c’est évidemment ce vaste plan, portant sur la construction de frégates, de patrouilleurs et de bâtiments logistiques, qui intéresse les repreneurs potentiels. Mais Davie n’est pas uniquement positionné sur le marché militaire. Le chantier naval, fondé en 1825 sur les bords du fleuve Saint-Laurent, est aussi présent sur le secteur de la marine marchande et de l’offshore. La compagnie norvégienne Cecon, qui était également sur les rangs pour la reprise, lui a notamment confié, en 2007, la réalisation de trois bâtiments de construction offshore (OCV) du type VS4220. Mais, compte tenu des difficultés financières du chantier, ces bateaux, qui devaient être livrés en 2009 et 2010, sont toujours en chantier, Cecon indiquant que le niveau d’achèvement de ces navires variant entre 40 et 70%. 

La SNACN et ses 35 milliards en ligne de mire

Concernant l’accord conclu avec Fincantieri et DRS, le patron de Davie se dit satisfait. « Avec Fincantieri et DRS, Davie a trouvé les investisseurs industriels qu’elle recherchait combinant, à la fois, la solidité financière et l’expertise technique. C’est un pas important dans la bonne direction mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour compléter la transaction dans un délai très court afin que le chantier soit en mesure de présenter une offre valable pour les contrats fédéraux », explique Gustav Johan Nydal.
Avec ses nouveaux partenaires, Davie ambitionne de devenir l’un des deux chantiers retenus dans le cadre stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN), annoncée par le gouvernement canadien le 3 juin 2010. En tout, 35 milliards de dollars canadiens y seront consacrés sur 30 ans. Le plan prévoit la réalisation de 28 grands navires (pour 33 milliards de dollars) et 116 petites unités pour une valeur de 2 milliards de dollars. Dans le même temps, un volet réparation et maintenance est prévu, avec une enveloppe annuelle de 500 à 600 millions de dollars. Ce vaste programme vise, en premier lieu, à relancer l’industrie canadienne de la construction navale. Concernant les 28 grands navires, deux chantiers seront sélectionnés pour les bâtiments de plus de 1000 tonnes (à priori en 2011/2012), le premier pour réaliser les unités de combat et le second pour fournir les autres types de plateformes.

Fincantieri poursuit sa stratégie multidomestique

Avec ses ambitions concernant Davie, Fincantieri confirme sa stratégie de développement multidomestique, même si l’industriel a décidé de vendre sa participation dans les chantiers allemands lloyd Werft et que son projet de reprise de Grand Bahama Shipyards n’a pas abouti. Le groupe italien, l’un des leaders mondiaux de la construction de navires à passagers (paquebots, ferries) et très implanté sur le secteur militaire, est présent sur le continent nord-américain depuis plusieurs années. Aux Etats-Unis, le constructeur a, ainsi, racheté à Lockheed-Martin quatre chantiers (Marinette Marine, Bay Shipbuilding, Cleveland Shiprepair, Ace Marine) désormais rassemblés au sein de Fincantieri Marine Group (FMG). Cette filiale américaine est, notamment, en charge de la réalisation des Littoral Combat Ship (LCS) de la classe Freedom, dont la tête de série a été livrée en 2009 à l’US Navy et 11 autres sont en commande. FMG construit également des embarcations légères pour les garde-côtes américains, ainsi que des navires scientifiques pour les agences fédérales (NOAA, National Science Foundation). Récemment, un important contrat a aussi été décroché dans le domaine de l’offshore, avec la réalisation de deux remorqueurs de type PSV pour le compte de Tidewater. En 2009, FMG s’est aussi allié à Boeing pour présenter une offre commune dans le cadre du programme de renouvellement des engins de débarquement du type LCAC.
Dans le cadre d’une implantation au Canada, cette expérience serait sans doute très profitable, mais c’est sans doute les produits réalisés en Italie qui pourraient trouver de nouveaux débouchés. Pour le renouvellement de la flotte canadienne, Fincantieri peut, en effet, proposer divers bâtiments développés pour le compte de la marine italienne ou des clients export, comme sa version de la frégate multi-missions (FREMM), son projet de Multifunctional Ship (un bâtiment de projection de 20.000 tonnes), ou encore sa gamme de pétroliers-ravitailleurs.

Source : Mer et Marine

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