Les industriels de l’armement terrestre jouent l’apaisement

Michel Cabirol

Après une passe d’armes entre le président du Groupement des industriels française de défense terrestre (Gicat), Christian Mons, et le patron de Renault Trucks Défense, Stephano Chmielewski, le premier a adressé un courrier au second pour tenter d’apaiser les tensions.

L’heure est à l’apaisement entre le président du Gicat, le Groupement des industries françaises de défense terrestre, Christian Mons, et le PDG de Renault Trucks Defense (RTD), Stephano Chmielewski, après le départ brutal de RTD du Gicat mi-avril. En tout cas, c’est la volonté du patron du Gicat, réputé pour son franc-parler et de dire tout haut ce que pense les autres.

Dans un courrier en date du 27 avril et adressé au patron de RTD, dont La Tribune s’est procuré une copie, Christian Mons « regrette son interprétation des propos que j’ai tenus devant la Commission de la défense le 9 mars dernier, propos qui sont contrairement à ce que vous pensez peut-être, fidèlement retranscrits dans le compte rendu officiel ». Et Christian Mons déclare s’efforcer « au nom du Gicat d’assurer la défense de la BITD (base industrielle et technologique de défense, ndlr) française dont RTD est un acteur historique important et reconnu ». Il se tient la disposition de Stephano Chmielewski pour une rencontre et « renouer le dialogue.

Un « mea culpa » du patron du Gicat, qui se dit « affecté par l’annonce du retrait (de RTD, ndlr) qui affaiblirait considérablement le Gicat alors que tous les adhérents sont mobilisés vers de nouveaux objectifs et en particulier une campagne de communication d’influence au profit des industries de l’armement terrestre ». Dans ce cadre, il revient sur les raisons du coup de gueule de Stephano Chmielewski : « je comprends bien toute l’importance que revêt pour votre société la perte du contrat PPT (Porteur polyvalent terrestre, ndlr) et soyez assuré que je regrette de n’avoir pu défendre plus activement vos intérêts. En effet nous devons nous adapter au nouveau contexte concurrentiel qui oblige notre client français à prendre en considération les offres européennes ».

Dans un courrier adressé mi-avril au président du Gicat, Stefano Chmielewski l’accusait de favoriser les intérêts de son groupe Panhard au détriment de l’intérêt général et avait claqué la porte de l’organisation, qui regroupe 213 sociétés pour un chiffre d’affaires de 5,2 milliards. Dans cette lettre très virulente adressée à Christian Mons et à l’ensemble du conseil d’administration du Gicat, le PDG de RTD expliquait les raisons de ce coup de gueule déclenchée par l’audition du 9 mars dernier de Christian Mons en tant que président du Gicat par la commission de la défense à l’assemblée nationale.

Le PDG de RTD lui reproche notamment de « confondre » son « rôle de président du Gicat et celui de directeur général de Panhard ». « Tout au long de l’audition, écrit-il, toutes les affirmations à l’emporte-pièce relatives, par exemple, à la présence commerciale des industries de défense sur les différents marchés « privilégiés » ou pas, aux offsets et aux regroupements possibles en France, sont manifestement l’expression du directeur général de Panhard et uniquement celle là ». Stefano Chmielewski ne décolère pas tout au long de ce courrier : « vos affirmations sur le manque de capacité d’investissement par exemple sont gratuites et infondées et ne concernent certainement que votre société ».

Enfin, et surtout le PDG de RTD ne digère pas les propos de Christian Mons s’agissant d’un contrat important perdu en France, qui a fait polémique, par sa société face à l’italien Iveco, qui a remporté un appel d’offres de 2.500 camions (Porteur polyvalent terrestre ou PPT) lancé par la Direction générale de l’armement (DGA). « Entre Iveco qui est aussi un grand opérateur en France, et Volvo, qui détient environ 80 % des actions de RTD sachant que les moteurs de cette société auraient été fabriqués par Volvo à l’étranger, le choix était évident », avait déclaré devant les députés le président du Gicat.

La coupe était pleine pour RTD et son PDG : « au regard de vos affirmations concernant le cas PPT et l’oubli volontaire ou pire la négation du caractère français de l’entreprise Renault Trucks, il ne me reste qu’à vous conseiller de changer l’appellation du groupement des industries françaises de défense terrestre en supprimant le mot « française » puisque vous l’ignorez volontairement lorsque cela vous arrange en tant que directeur général de la société Panhard ».

Source : La Tribune.fr – 29/04/2011

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