Un pont aérien américain pour le Charles-De-Gaulle

Jeudi, 26 Mai 2011

En Bref – C’est Jean Guisnel, le journaliste du site LePoint.fr qui l’a révélé sur son blog « Défense Ouverte » avant-hier. L’US Navy va mettre à disposition de la Marine nationale deux avions de transports C-2A Greyhound, cousins des E-2C Hawkeye déjà en service sur le porte-avions français. Ils assureront la liaison entre la base aéronavale d’Hyères dans le Var et le bâtiment amiral de la flotte, qui participe actuellement aux opérations aériennes et navales en Libye dans le cadre de l’opération Harmattan.

Cette faveur ne devrait pas coûter un euro au contribuable français, excepté peut-être le coût du carburant, voir, éventuellement de l’entretien courant.

Des avantages indiscutables

Ces deux avions permettront ainsi d’épargner le potentiel des hélicoptères de la Marine ou de l’Armée de Terre, potentiel d’autant plus important que leur remplaçant, le NH-90, tarde à arriver. De plus, là où la distance franchissable d’un hélicoptère est limitée à quelques centaines de kilomètres, le C-2A Greyhound peut voler sur plus de 2000km. Par conséquent, alors que les voilures tournantes ne peuvent faire des allers-retours qu’entre la Crête ou Malte et le porte-avions, les appareils américains pourront relier directement le bâtiment et la France. De plus, la vaste soute du C-2A lui permet de transporter des charges plus lourdes mais surtout plus volumineuses que celle de n’importe quel hélicoptère français actuellement en service. Pour donner quelques chiffres, l’avion de transport peut emporter une charge de 4500kg ou encore 26 passagers en plus des quatre membres d’équipage.

Un besoin réel

C’est donc à partir du 28 mai que les appareils américains seront mis à disposition de la Royale, pour une durée indéterminée. Leur rôle principal sera d’améliorer le flux des pièces de rechange, ainsi que de favoriser les rotations des équipes du porte-avions. Autre mission importante, les C-2A pourront également acheminer plus rapidement le courrier destiné aux marins du Charles-De-Gaulle, permettant ainsi de préserver leur moral. Celui-ci est mis à rude épreuve puisque le navire a enchaîner deux déploiements longues durées. En effet, à peine un mois après son retour de la mission Agapanthe 2010 durant laquelle le porte-avions a été mis à disposition des  forces internationales en Afghanistan, celui-ci est reparti dans les jours suivant le déclenchement des opérations aériennes en Libye. Si ce nouveau déploiement fut une preuve incontestable de la réactivité de la Marine face à une situation imprévue, et également de l’intérêt du porte-avions (voir de la nécessité d’un second), les marins n’ont eu que peu de temps pour leurs retrouvailles avec leur famille. D’où la nécessité d’augmenter les rotations ainsi que de livrer plus rapidement le courrier. Toutes ces missions auxquelles seront dédiés les Greyhounds permettent de se rendre compte à quel point un tel appareil ne serait pas un luxe pour la Marine nationale. Mais une fois encore, ce n’est pas la volonté qui manque, mais bien l’argent…

Une faveur inhabituelle

Pour finir, on peut se demander dans quel but l’US Navy a-t-elle fait preuve d’autant de générosité. Si on ne peut qu’être favorables à cette initiative, elle reste pour le moins étrange. C’est en effet plutôt rare que les Etats-Unis prêtent ainsi leurs matériels à une armée étrangère, sans contrepartie officielle. Peut-être est-ce tout simplement suite à une requête de Paris qui aurait senti les flux logistiques se tendre autour de porte-avions.

Vers un programme commun ?

Cependant, certains y voient une volonté de l’US Navy de créer un besoin auprès de la seule marine au monde autre qu’elle qui mette en œuvre un porte-avions type CATOBAR (décollage par catapulte et récupération par brins d’arrêt). En effet, la marine américaine souhaiterait trouver un remplaçant pour cet appareil dont le dernier exemplaire est sorti d’usine en 1990. Hors, les besoins se révèlent plutôt limités en termes de quantité, seule une trentaine de C-2A étant à remplacer. D’où une tentative de la part de l’US Navy d’impliquer la Marine nationale dans un projet de successeur au C-2 Greyhound, car même si celle-ci ne commanderait que quelques unités, cela permettrait de diminuer légèrement le coût unitaire et éventuellement de partager le financement du programme.

Reste donc à savoir si la Marine sera conquise par cet appareil que beaucoup décrivent comme indispensable…

Source: aeroplans.fr

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