Avions de combat : épreuve de vérité pour le Rafale et l’Eurofighter en Inde

4 nov. 2011 – Patrick de Jacquelot

Les autorités indiennes ouvrent cet après-midi les enveloppes de prix des deux concurrents arrivés en finale. L’enjeu : un contrat de 126 avions de combat à livrer, pour près de 10 milliards d’euros.

Emotions fortes garanties aujourd’hui au ministère indien de la Défense. C’est cet après-midi, en présence de leurs représentants, que seront ouvertes les enveloppes de prix des deux concurrents arrivés en finale du méga-appel d’offres de près de 10 milliards d’euros portant sur l’achat de 126 avions de combat : le Rafale de Dassault Aviation et l’Eurofighter du consortium européen EADS-BAE Systems-Finmeccanica.

En ces temps de disette budgétaire, l’enjeu est crucial pour les deux industriels compte tenu du nombre d’avions à produire, même si 108 des 126 appareils sortiront d’une usine locale, dans le cadre d’un transfert de technologie. Le Rafale peut encore compter sur une commande nationale fournie, mais l’avenir n’est pas inscrit dans le marbre. Son concurrent européen doit compter avec la décision de l’un de ses clients majeurs, l’Allemagne, qui va réduire sa commande de 177 à 140 exemplaires. Le Royaume-Uni et l’Italie pourraient suivre. Chaque camp y est donc allé de son lobbying ces dernières semaines. Pour les Français, ce sont Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, et le général Jean-Paul Palomeros, le chef d’état-major de l’armée de l’air, qui se sont succédé sur place.

Face à un voisin chinois qui montre de plus en plus ses muscles, New Delhi a entrepris un vaste programme de modernisation de son armée, en particulier de l’air. Mais compte tenu des habitudes locales, les observateurs pourraient douter de la capacité des Indiens à tenir le calendrier de l’appel d’offres. A tort. Non seulement le ministère de la Défense a réussi à sélectionner deux finalistes, à l’issue d’une série d’essais très poussés. Mais il a eu de surcroît le cran d’éliminer les favoris américains, le F16 de Lockheed Martin et le F18 de Boeing, au risque de se fâcher avec Washington. Le Gripen du suédois Saab et le MIG 35 du russe MIG faisaient en outre figure d’outsiders.

Etape décisive mais pas définitive

L’ouverture des offres constitue donc une étape décisive, mais probablement pas définitive, car il faudra encore du temps aux autorités pour décider du vainqueur. Comme les deux protagonistes seront présents, chacun découvrira le prix de l’autre. La révélation de ces chiffres constituera évidemment une précieuse indication pour la suite, surtout s’ils sont très différents. Mais la procédure ne s’arrêtera pas là. « Les offres révélées aujourd’hui ne portent que sur le prix d’achat des avions, explique un observateur. Dans un deuxième temps, le ministère de la Défense va calculer le coût total des appareils sur quarante ans, en fonction d’hypothèses de nombre d’heures de vol ou encore de coût du carburant. » « Et sur cette durée, poursuit-il, le coût d’achat initial peut tripler. » Même si l’un des appareils affiche un prix très inférieur, il faudra donc se garder de conclusions hâtives.

Autre élément important, le ministère de la Défense a calculé un ordre de grandeur du coût des avions qu’il souhaite acquérir. Si les deux constructeurs sont sensiblement plus chers, l’appel d’offres pourrait être annulé. Ceux qui, au sein de l’esta-blishment militaire, en pincent pour le F35 de Lockheed Martin ne demandent pas mieux.

Source: Les Echos

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