Aéronautique : les Emirats Arabes Unis en guerre, la fièvre des commandes tombe

Par Michel Cabirol, à Dubai  |  09/11/2015

Les Emirats Arabes Unis sont en guerre au Yémen. Un conflit qui coûte très cher et qui repousse à plus tard les dossiers d’acquisitions de nouveaux équipements militaires. Les compagnies aériennes du Golfe digèrent quant à elles leurs précédentes commandes faramineuses.

Qu’on se le dise en France, les Emirats Arabes Unis (EAU) sont en guerre. Au Yémen précisément, les troupes émiraties, qui déplorent quelques pertes humaines (68 morts), combattent aux côtés des Saoudiens principalement. C’est le message qu’a d’ailleurs fait passer le prince héritier d’Abu Dhabi, Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, qui a inauguré dimanche le Dubai Air Show, à ses interlocuteurs français en leur précisant que cette guerre sera très certainement longue. « Nous n’avions pas du tout la perception de cette situation ici en France », reconnait un industriel surpris par ce discours.

Les Emirats focalisés sur le conflit au Yémen

leclerc-eau-20150803Comme c’est le premier conflit à l’étranger auquel des troupes au sol émiraties participent, les autorités sont donc très focalisées sur cette guerre. Du coup, les discussions sur les projets d’acquisitions, dont le Rafale, sont ralenties en attendant des jours meilleurs. « Il faut attendre une meilleure conjoncture », estime-t-on à La Tribune. Car la guerre au Yémen coûte très chère aux Emirats, qui pâtit en outre d’un prix du baril trop faible. Il a perdu la moitié de sa valeur depuis juin 2014, le cours du « light sweet crude » pour livraison en décembre s’élevait vendredi à 44,29 dollars.

Sheikh Mohammed n’a donc pas abordé les dossiers armement lors de la première journée du salon de Dubai, à l’exception de quelques programmes d’urgence opérationnelle liés au conflit comme par exemple des besoins en optronique. D’autant que les Emirats, qui sont déjà très bien équipés, utilisent la plupart de leurs systèmes d’armes achetés ces dernières années dans les combats au Yémen, y compris les chars Leclerc, qui donnent entière satisfaction, selon une source française.

« Nous pensons que les prix du pétrole vont se maintenir à leur niveau actuel pendant des années et, par conséquent, les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) devraient procéder à des ajustements budgétaires », a déclaré dimanche la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

Le civil également en berne

Avant de rallier Dubai pour le salon aéronautique, qui a ouvert ses portes dimanche, les constructeurs ne s’attendaient pas à de nombreuses commandes. Ce sera le cas pour le millier d’exposants d’une soixantaine de pays qui participent jusqu’à jeudi au Dubai Air Show. Contrairement à la dernière édition qui avait établi un record en générant 200 milliards de dollars de commandes. Les compagnies du Golfe, principalement Emirates, Etihad et Qatar Airways ont déjà commandé de très nombreux appareils. « Il faut qu’elles digèrent ces commandes », expliquent plusieurs industriels.

Le PDG d’Etihad, James Hogan, a notamment précisé que les commandes de sa compagnie suffisaient à couvrir ses prévisions de développement jusqu’à 2040. Emirates a finalisé en 2014 une commande de 150 Boeing 777, pour une valeur de 56 milliards de dollars. « Emirates a signé il y a deux ans de nombreux contrats », a déclaré dimanche à l’AFP le président de la compagnie, Sheikh Saïd Al-Maktoum, laissant entendre qu’il n’y aurait pas de commandes cette année. Il avait indiqué peu auparavant aux journalistes ne pas s’attendre à de « nouvelles » commandes, étant donné le grand nombre de commandes des « compagnies du Golfe lors de la dernière édition du salon ».

Un marché toujours en croissance

En dépit d’une édition pauvre en annonces, la croissance de la zone du Moyen-Orient (6,2%) reste secteur à celle du reste du monde, qui est d’environ 5%. Selon Boeing, la demande de nouveaux avions au Moyen-Orient sera de 3.180 appareils au cours des 20 prochaines années, pour une valeur de 730 milliards de dollars. « Environ 80% de la population mondiale vit à huit heures de vol du Golfe », a expliqué le vice-président de Boeing Commercial Aircraft Randy Tinseth. Grâce à cette position géographique stratégique, les compagnies du Golfe offrent des liaisons à une seule escale entre de nombreuses villes.

Le constructeur brésilien Embrarer, spécialisé dans les avions de taille moyenne a indiqué pour sa part s’attendre à une demande au Moyen-Orient de 220 avions de 70 à 130 sièges d’ici 2034 d’une valeur totale de 10 milliards de dollars au prix du catalogue.

Source : La Tribune

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