L’inde, premier contrat export de l’année 2016 pour le Rafale de Dassault

Selon la presse indienne, un accord de gouvernement à gouvernement, type gré à gré, aurait été finalisé le 31 décembre 2015 entre la France et l’Inde. Le contrat de plus de 5 milliards d’euros pour 36 Rafale sera officialisé le 26 janvier lors de la visite en Inde du Président français François Hollande. C’est la fin d’un long processus de négociation alors que le suédois SAAB revenait fin décembre 2015 à la charge pour court-circuiter la maison Dassault.

Rafale 3

Retour du Rafale devant un public conquis lors du LAVEX 2007

Les détails du contrat ne sont pas connus. Néanmoins, la télévision «  ETNOW » du quotidien économique indien « Economic Times » laisse entendre qu’un rabais de 25% aurait été accordé sur une base de 105 millions d’euros par appareil. Ceci semble confirmer les annonces faites en mai 2015 d’un tel rabais, pour enfin boucler le dossier.

En effet, la vente effective du Rafale en Inde aura finalement pris plus de 4 ans après avoir gagné en 2011 face à l’Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) dans le contrat du siècle MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft) pour 126 appareils avec des options pour des appareils supplémentaires. L’armée de l’air indienne a su imposer sa voix face aux tergiversations politiques. Il faut dire que ses capacités se réduisent comme peau de chagrin face au Pakistan et la Chine. Les livraisons des Rafale devront commencer au plus tard trois ans après la signature officielle du contrat et devront tous être livrés dans les 7 ans suivant la signature de celui-ci soit avant 2023.

Cette fois-ci, contrairement au contrat MMRCA (18+108) il n’est plus question de produire les appareils en Inde. Si les appareils seront produits en France, il n’en demeure pas moins que des compensations industrielles (offset) ont été fixées. La presse indienne rapport que Dassault et ses deux principaux partenaires Safran et Thalès devront réaliser un transfert de technologies vers la DGA locale, le DRDO (Defence Research and Development Organisation) ainsi que vers certains autres acteurs de la BITD indienne comme Hindustan Aeronautics Ltd (HAL). Les français devront accorder 50% du montant du contrat en compensations industrielles.

La maintenance des Rafale devrait être faite sur place. Après avoir livrés en mars 2015 les deux premiers Mirage 2000 modernisés, Dassault a confié à HAL sur son site indien de Bangalore, la modernisation des 49 Mirage 2000H restants. Il en sera probablement de même avec le Rafale. Si Dassault va devoir collaborer avec HAL, il se peut que le français s’appuie également sur l’indien Reliance Industries (RIL). Ce dernier avait fait l’objet en décembre 2013, d’un accord des autorités indiennes avec Dassault pour la création d’un centre de production d’ailes du Rafale à Bangalore (investissement de 120 M€).

Ajoutons que Dassault Aviation avait ouvert une nouvelle filiale fin 2012 à New Dehli, afin de constituer le 6ème centre de maintenance aéronautique (civil) du groupe dans le monde. Il s’agit pour le groupe d’accompagner la croissance du marché de l’aviation d’affaires en Asie dans le cadre de sa gamme Falcon mais pourrait également servir dans le cadre des compensations industrielles.

Après des années d’échecs sur le marché export, les prochaines années semblent pour le moins radieuses pour le Rafale de Dassault Aviation mais risque de contrarier son principal client l’Armée de l’Air française. En juin 2015, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, faisait état auprès du journal « La Tribune » de son inquiétude pour les capacités opérationnelles de l’armée de l’air en cas de nouveau succès à l’export. Déjà, sur les 24 appareils égyptiens, 11 seront prélevés sur ceux que l’armée de l’air devait percevoir. C’est pourquoi certaines chaînes d’assemblage à l’étranger seront sérieusement à envisager dans les années futures.

Dès le mois de juillet 2015, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, annonçait à la presse, que les cadences de production allaient être rapidement augmentées pour être triplées à partir de 2018 si le contrat indien se réalisait. C’est chose faite.

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Contrats déjà remportés par Dassault Aviation :

  • France : 180 exemplaires ont été commandés à ce jour et une 5e tranche portant à 225 le nombre d’appareils sera négocié après 2017 ;
  • Egypte : 24 appareils dont 3 déjà livrés ;
  • Inde : 36 appareils à livrer avant 2023 ;
  • Qatar : 24 appareils à livrer à partir de 2018.

Futures opportunités pour le Rafale :

  • la Belgique : Bruxelles envisagerait d’acquérir de 35 à 55 avions de combat pour remplacer ses F-16. Le F-35 (Lockheed Martin) fait figure de favori en raison notamment de la décision des Pays Bas et de la Norvège de maintenir leur choix pour l’appareil américain ;
  • le Brésil : si le JAS 39E Gripen a été récemment choisi par l’armée de l’air, Brasilia souhaite acquérir un nouveau porte-avions. La version navale du Rafale aurait alors pour seul concurrent le F/A-18E/F Super Hornet de Boeing ;
  • le Canada : 65 appareils même si le choix du F-35 reste toujours au 1er rang pour remplacer ses CF-18 Hornet à l’horizon 2017-2020 ;
  • la Colombie : Bogotá cherche à remplacer ses Kfirs, le pays s’orienterait vers des appareils neufs ou d’occasion tels le F-16 (Lockheed Martin), le Sukhoi russe Su-30, le Gripen suédois (Saab) et les Rafale et Mirage2000 de Dassault Aviation ;
  • l’Egypte : 12 appareils supplémentaires en option ;
  • les Emirats-Arabes-Unis : 60 appareils en remplacement des Mirage 2000-9 ;
  • la Finlande : 62 F/A-18 Hornet à remplacer entre 2025-2030 pour son programme HX. Le Rafale est en concurrence face aux F-35 JSF (Lockheed Martin), le JAS 39E Gripen (Saab), l’Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) et le F/A-18/E/F Block II Super Hornet (Boeing) ;
  • l’Inde : le contrat initial du marché MMRCA portait sur 126 appareils avec 64 autres en option. L’armée de l’air indienne indique que 80 appareils minimum sont nécessaires pour équiper 5 escadrons. De plus la force aéronavale indienne pourrait être encline à s’équiper de l’appareil.
  • la Malaisie : 18 appareils pour remplacer ses MiG-29 ;
  • le Qatar : 12 appareils supplémentaires en option ;
  • la Suisse : 18 appareils suite au rejet par référendum du Gripen NG pour remplacer ses vieux F-5 Tiger voire à plus long terme même un remplacement de ses F-18.

Autres opportunités délaissées :

  • L’Arabie Saoudite : malgré les bonnes relations entre Paris et Ryad, le royaume a fait le choix de s’équiper ces dernières années d’appareils américains (F-15 de Boeing) et britanniques (Eurofighter Typhoon et Panavia Tornado). Cependant, des rumeurs persistent quant à la vente de l’appareil multirôle de Dassault ;
  • L’Argentine : en raison des appels continus vis-à-vis des iles Malouines, la France ne souhaite pas répondre favorablement dans le contexte actuel à la demande de remplacement des Mirage III et autres Super Etendard. Après les Etats-Unis (F-16), Israël (Kfir), l’Espagne (Mirage F1) et le Brésil (veto du Royaume-Uni pour des Gripen), le pays s’orienterait vers la Chine ou la Russie malgré des finances exsangues ;
  • La Bulgarie : depuis 2004 Sofia a l’intention de renouveler ses appareils d’origine soviétique mais ses moyens limités ne lui permettent pas, des Gripen voire des Eurofighter Typhoon d’occasion sont considérés ;
  • La Croatie : 12 appareils pour remplacer ses MiG 21, le pays se tournerait plutôt vers le Gripen à l’horizon 2019-2024 ;
  • le Danemark : 30 appareils (48 appareils initialement) pour remplacer ses vieux F-16 à l’horizon 2020-2024. Malgré son coût le F-35 (Lockheed Martin) a largement ses chances face aux Boeing F/A-18/E/F Block II Super Hornet, Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) et le Saab JAS 39 Gripen NG. Copenhague est déjà un fournisseur de 3e rang pour le programme JSF et a engagé déjà plus de 200 millions $ dans celui-ci. ;
  • La Grèce : Athènes s’est longtemps intéressé au Rafale mais ses finances publics ne le lui permettent pas ;
  • La Libye : la situation actuelle du pays ne le permet plus alors qu’à l’occasion de sa visite officielle en France en décembre 2007, l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi négociait 14 appareils ;
  • Le Koweit : la signature en septembre 2015 d’une lettre d’intention avec Finmeccanica pour 28 Eurofighter Typhoon semble exclure dorénavant le Rafale ;
  • Mexique : même si cela n’est pas à l’ordre du jour, le pays ne cesse de repousser le remplacement de ses F-5 ;
  • La Slovaquie : Bratislava a annoncé récemment son choix pour 8 appareils JAS-39 Gripen en leasing comme son voisin tchèque ;
  • Le Venezuela : des rumeurs persistent quant à la possibilité du pays à acquérir des Rafale malgré ses acquisitions russes.

 

 

 

 

 

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