Défense : Pourquoi le mariage Nexter avec Krauss Maffei Wegmann est à haut risque

16/07/2013

Les deux groupes se ressemblent beaucoup. Mêmes usines, mêmes produits, mêmes compétences. Beaucoup de doublons qui augurent d’une casse industrielle et sociale importante. Pour autant, ne pas se rapprocher pourrait condamner à longue échéance Nexter face à l’arrivée de nouveaux acteurs venus des pays émergents.

C’est un véritable serpent de mer… même si cela concerne l’industrie de l’armement terrestre. Quoi donc ? Le dossier de la restructuration européenne que l’ancien patron de Nexter, Luc Vigneron, avait vendu en 2004 à l’opinion publique pour justifier les restructurations sévères en vue de redresser le groupe. Aujourd’hui Nexter va bien même s’il poursuit sa route tout seul. Mais cela fait près de dix ans qu’une opération avec le groupe allemand Krauss Maffei Wegmann (KMW) est envisagée selon les humeurs des uns et des autres.

Aujourd’hui, les deux entreprises reparlent de mariage. Il faut toutefois rester prudent car cela fait quand même deux-trois ans, selon nos informations, que les discussions sont commencées et ont traversé des hauts et des bas. Les négociations avaient d’ailleurs été interrompues avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en France. Elles ont ensuite sérieusement repris depuis le début de l’année. Cela reste toutefois une opération à très haut risque sur le plan industriel et social. Sans compter qu’il faudra passer par une loi de privatisation.

L’Aravis face au Dingo allemand

Pourquoi une telle opération est-elle très risquée ? Parce que, comme le notent tous les observateurs, la fabricant du char de combat Leclerc et celui du Leopard sont en concurrence sur l’ensemble de la gamme des blindés. Ce qui n’est pas le cas dans les munitions, un domaine où n’est pas présent KMW contrairement à Nexter, et dans l’artillerie, à l’exception notable du PzH 2000 allemand, le redoutable rival du Caesar. La grand majorité des produits de Nexter doit néanmoins se battre sur tous les marchés export contre ceux de Krauss Maffei.

C’est notamment vrai pour le véhicule blindé de combat d’infanterie VBCI, sur lequel fonde beaucoup d’espoir Nexter au Canada, au Danemark, au Qatar et aux Emirats Arabes Unis notamment. Mais le Boxer de KMW se dresse très souvent sur sa route. C’est le cas aussi pour le véhicule de transport de troupes tout-terrain à quatre roues motrices hautement protégé, l’Aravis, qui doit convaincre les éventuels pays clients face au Dingo allemand. L’Aravis a d’ailleurs été choisi en 2011 par l’Arabie Saoudite.

Les deux groupes se ressemblent beaucoup (trop ?)

Les deux groupes se ressemblent beaucoup. Trop ? Mêmes usines, mêmes produits et mêmes compétence, rappelle un bon connaisseur des deux groupes. Jusqu’aux chiffres d’affaires qui sont quasi identiques. Si Nexter a bouclé l’année 2011 à 851 millions d’euros (1,07 milliard en 2010), Le groupe public emploie 2.700 salariés sur neuf sites de production. KMW (3.500 personnes, sept sites en Allemagne, dont le siège social à Munich) a quant à lui enregistré un chiffre d’affaire de 1 milliard en 2011, le dernier chiffre connu pour l’entreprise familiale, qui ne publie pas ses comptes (915 millions en 2010).

Seule différence notable, les prises de commandes de KMW surfent sur le succès actuel du char Lepoard à l’exportation en dépit de la claque subie en Arabie saoudite. Une telle opération ne se fera pas sans une casse industrielle et sociale si les deux groupes se rapprochaient. Comme le notent certains observateurs, l’idéal pour créer le troisième acteur européen (derrière General Dynamics et BAE Systems) serait de passer par une étape nationale pour renforcer Nexter. Pas sûr que les Allemands voient d’un bon oeil ce tour de passe-passe pour muscler le groupe public.

Plus question de faire entrer Thales au capital de Nexter

Que peut espérer Nexter en France ? Deux projets, dont l’un est très avancé, restent possibles. L’acquisition du fabricant de poudres et explosifs pour munitions, obus et petits missiles, Eurenco, qui a réalisé 248 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012 (plus de 1.000 salariés), est en très bonne voie. Elle suit son cours dans le cadre des modalités classiques pour une telle opération. Elle devrait se concrétiser avant la fin de l’année. Cette opération va notamment permettre à Nexter d’internaliser la fourniture des composants essentiels pour ses munitions.

Le dossier est en revanche beaucoup plus difficile avec TDA, filiale à 100 % du groupe Thales spécialisée dans les mortiers et les roquettes. Si en 2011, l’Etat avait retenu le schéma de confier TDA et sa filiale FZ à Nexter, et en contrepartie de faire entrer Thales dans le capital de Nexter, cela ne semble plus être le cas. Le nouveau PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, n’a pas l’air très intéressé. « Je n’ai pas en tête qu’il y ait des synergies technologiques et industrielles entre les deux groupes », avait-il expliqué en juin dans une interview accordée à La Tribune.

Et si Nexter reste seul ?

Si Nexter reste seul, pour certains observateurs, il est voué à disparaitre lentement face à la montée en puissance sur les marchés de l’armement terrestre des nouveaux entrants, qui sont très compétitifs. Pour Nexter, ils constituent « la vraie menace », selon le PDG de Nexter, Philippe Burtin. « Ces pays montent progressivement en gamme en capitalisant sur leurs domaines de compétences – camions, engins spéciaux, autobus. Grâce aux transferts de technologies – ils se constituent une industrie puissante fondée sur des besoins nationaux d’équipements – ils produisent de grandes séries – et une structure de coûts que nous ne pouvons pas atteindre », avait-il expliqué en début d’année. C’est notamment le cas de la Turquie, de l’Afrique du sud, de la Corée du sud, de la Chine… Dans le secteur de la défense terrestre, Nexter doit faire face à la concurrence où les produits se comptent par dizaines dans certains créneaux.

Une opération qui  peut délivrer « beaucoup de valeurs »

Nexter doit donc choisir… entre la peste et le choléra. Se rapprocher de KMW ou s’exposer à un lent déclin. Ce qui vaut également pour KMW, qui peut choisir son compatriote et rival Rheinmetall – une opération qui n’a jamais pu se faire… « Les Etats vont avoir de plus en plus de difficultés à justifier une préférence nationale pour acheter des blindés », explique un bon connaisseur du dossier, qui estime que l’opération Nexter/KMW a « potentiellement pas mal de sens ». A condition, précise-t-il, que cela aille au-delà d’un simple rapprochement capitalistique.

Car cette opération peut délivrer « beaucoup de valeurs ». Surtout un rapprochement permettra de « disposer de la capacité financière adéquate et c’est là que la question de la taille se pose, avait expliqué Philippe Burtin. A moyen terme, elle nous permettra de financer le développement de nos produits, en parallèle du retrait de l’Etat, qui déjà demande le cofinancement. (…) A moyen terme c’est la taille qui nous permettra, dans la structure rassemblée et agrandie d’un groupe européen de faire face à ces nouveaux enjeux ».

Nexter majoritaire ?

Derrière General Dynamics et BAE Systems, dont le portefeuille va des systèmes d’armes jusqu’aux services en passant par les équipements et les munitions, Nexter voudrait se frayer un chemin pour devenir le troisième acteur global de la défense terrestre européen « permettant l’autonomie des choix et des actions » de nos clients européens, notamment l’armée française. Car, selon Philippe Burtin, « l’objectif de Nexter est de maintenir l’unité des activités systèmes et des munitions du groupe » et de « préserver sa liberté de systémier ». Enfin, l’ambition de Nexter « vise à la formation d’une entreprise intégrée dans laquelle les intérêts français seraient préservés : majoritaires ou à égalité de droits, tout en pérennisant en France les compétences nécessaires au maintien de l’autonomie d’approvisionnement des forces ».

Source : La Tribune

Coup d’Etat chez Kawasaki

14/07/2013

Le patron et deux autres dirigeants du conglomérat japonais Kawasaki Heavy Industries, connu du grand public pour ses motos, ont été évincés. Le groupe annonce la fin des discussions entamées sur la fusion de ses chantiers navals avec celles de Mitsui.

Un véritable « coup d’Etat » s’est produit jeudi lors d’un conseil d’administration extraordinaire du conglomérat japonais Kawasaki Heavy Industries, connu du grand public pour ses motos, quand le patron et deux autres dirigeants ont été évincés par les dix autres administrateurs.

Cette crise au sommet, expliquée par le groupe sous la forme d’un succinct communiqué (qui fait état de divergences sur la conduite des affaires et présente les décisions votées par les administrateurs), entraînera le départ dès la fin du mois du PDG Satoshi Hasegawa et de deux de ses adjoints (Mitsutoshi Takao et Masahiko Hirohata).

Ce « coup d’Etat », comme le titre en français dans le texte la presse nippone, est intervenu à quelques jours d’une assemblée générale des actionnaires qui doit se tenir le 26 juin et qui de facto sera appelée à voter pour entériner ou non cette décision brutale.

Kawasaki a dans le même temps indiqué stopper des discussions tout juste entamées sur la fusion de ses activités de chantiers navals avec celles de son compatriote Mitsui Engineering & Shipbuilding. Ensemble, ils auraient constitué un géant de la construction de bateaux, avec un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1.800 milliards de yens (13,5 milliards d’euros). « Nous avons décidé de revenir à une feuille blanche » sur ces négociations, a indiqué Kawasaki.

Un autre directeur général adjoint, Shigeru Murayama, a été promu au pied-levé patron du groupe et a alors révélé que le projet de fusion de la division des navires avait été monté sans consultation des autres administrateurs par le patron et ses deux « complices » limogés, d’où leur renvoi. M. Hasegawa présidait aux destinées de Kawasaki depuis 2009.

Lors d’une conférence de presse convoquée en urgence jeudi, le nouveau patron a aussi expliqué qu’une « défiance » s’était installée sur la façon dont M. Hasegawa conduisait les discussions, avec des idées préconçues qui n’étaient pas partagées par les autres membres de la direction, hormis ses deux acolytes également congédiés.

Les investisseurs à la Bourse de Tokyo ont plutôt apprécié ce renversement de direction. Le titre Kawasaki a fini sur un gain de 4,25% à 319 yens, après avoir même grimpé du double en tout début de journée.

Les actionnaires jugent que le renoncement à la fusion des chantiers navals est peut-être finalement une bonne chose pour le groupe. Le marché semble considérer que ce projet de rapprochement constituait surtout une solution de sauvetage pour Mitsui Engineering & Shipbuilding.

Le président de la fédération patronale Keizai Doyukai, Yasuchika Hasegawa, lui, s’interroge sur la gouvernance au sein du groupe Kawasaki où des discussions de fusion ont pu être engagées alors que les trois quarts du conseil d’administration était apparemment d’un avis contraire: « j’ai du mal à comprendre comment cela a pu arriver », a-t-il déclaré à la presse.

La direction de Kawasaki sera sans nul doute interrogée à ce propos lors de l’assemblée des actionnaires.

Source AFP

Fiche Entreprise #1 – DCNS

La première fiche entreprise de l’observatoire vient de paraître. L’heureuse entreprise? Le groupe DCNS.

N’hésitez pas à nous contacter pour améliorer notre formule.

RAPIDE ANALYSE DES MARCHES DE DCNS

Le groupe DCNS est le principal maître d’œuvre français de systèmes navals de défense. Avec un chiffre d’affaires de 2,503 Mds€ en 2010, DCNS est un des leaders européens et mondiaux dans le domaine des constructions navales militaires. Le groupe opère dans la construction de navires militaires et les services associés. Il a notamment en charge la réalisation, la conception, l’entretien et le démantèlement des bâtiments de guerre. Depuis la privatisation de l’entreprise avec l’entrée de Thales dans le capital du groupe à hauteur de 25%, DCNS a mis en place une ambitieuse stratégie de diversification dans l’énergie (énergies renouvelables en mer et énergie nucléaire civile) et d’internationalisation de son activité (près du tiers du chiffre d’affaires est réalisé à l’export) ainsi qu’un plan d’optimisation des coûts de 30% sur 3 ans. Le groupe emploi plus de 12 500 collaborateurs en 2010.

Le reste en PDF 2011-08-10-FE1_dcns

L’équipe

L’accord entre Thales et Safran serait conclu d’ici à quelques semaines

16/05 | 16:37

Un accord sur un échange d’actifs dans la défense entre Thales et Safran pourrait être conclu d’ici quelques semaines, a déclaré lundi le PDG de Dassault Aviation, premier actionnaire industriel de Thales.
Les deux spécialistes de la défense, de l’aéronautique et de la sécurité ont trouvé un terrain d’entente sur le périmètre d’actifs à échanger et il reste à trouver un accord sur la soulte que devra payer Thales à Safran, a expliqué Charles Edelstenne à des journalistes en marge de l’Ebace, salon de l’avion d’affaires à Genève.
Thales et Safran ont annoncé la semaine dernière avoir repris leurs discussions en ce sens, interrompues il y a un an faute d’accord sur les modalités. L’Etat français, actionnaire des deux groupes, pousse à une telle opération pour réduire les doublons dans un secteur de la défense en pleine réduction budgétaire.
« Sur le principe c’est réglé. Le périmètre est bouclé », a-t-il dit. « Maintenant on est passé à la phase de négociation des prix. »
« On va évaluer les parts apportées de l’un à l’autre et vice versa et il y aura vraisemblablement une différence car il y a une des parts qui est un peu plus grosse », a-t-il ajouté, précisant que cette différence serait versée par Thales en cash.
Thales récupère l’optronique des deux groupes et Safran la navigation inertielle, la génération électrique et quelques autres petites activités, notamment de sécurité, a précisé Charles Edelstenne, confirmant le schéma évoqué récemment par la Direction générale de l’armement (DGA) dans Les Echos.
Dassault Aviation, qui détient 26% de Thales, a toujours été favorable à cet échange d’actifs, a rappelé Charles Edelstenne.
« L’un des ministres précédents a voulu y ajouter l’avionique et c’est là que les choses ont capoté », a-t-il résumé, faisant référence à Hervé Morin, ministre de la Défense jusqu’en février 2011.
Il a ajouté que son successeur, Alain Juppé, puis l’actuel ministre Gérard Longuet, étaient en revanche d’accord pour qu’on n’intègre pas dans le périmètre d’échange l’avionique, que Thales et Dassault Aviation ont toujours refusé de céder.
Dans le même esprit, Charles Edelstenne a écarté l’idée d’une coentreprise dans l’avionique évoquée dans la presse, soulignant que cette activité était beaucoup plus importante chez Thales que chez Safran.

Source: Les Echos

Laurent Collet-Billon (DGA): « Un accord entre Thales et Safran est possible à l’été »

Cinquante ans après sa naissance, la Direction générale de l’armement poursuit sa mue, avec une ligne directrice : renforcer son expertise tout en se rationalisant. En 2014, les ingénieurs représenteront 60 % des effectifs, contre 40 % actuellement. Nommé il y a près de trois ans, son délégué, Laurent Collet-Billon insiste sur la professionnalisation des équipes en charge des programmes, le coeur des missions de la DGA. Sans oublier la stratégie industrielle, dans laquelle Thales pourrait jouer un rôle central.

09/05/11 | 19:21 | Alain Ruello

La DGA a 50 ans, et vous la dirigez depuis bientôt trois ans. Ou en êtes-vous de sa réforme ?

J’ai énormément simplifié l’organisation dans une optique de professionnalisation accrue des équipes et de renforcement de ses compétences de gestion et de son expertise technique. Quand j’ai pris mes fonctions, j’avais annoncé la couleur : une vision pragmatique autour de 4 axes stratégiques : investisseur avisé pour la défense, partenaire des armées au quotidien, expert référent, moteur d’une construction européenne réaliste. Je voulais qu’on en finisse avec les dérives sur les délais et les coûts. Les industriels ont compris le message. Un contrat comme celui qui a été conclu en 2003 pour l’A400M ne passerait plus aujourd’hui. Sur le plan financier, nous investissons tout l’argent prévu pour les équipements des armées ; ainsi, l’an dernier, sur 10,2 milliards d’euros de paiements à l’industrie de défense, nous avons réussi à ne laisser que 1 237 euros dans les caisses. Si j’utilisais une image, j’appliquerai celle d’une société d’ingénierie. Aujourd’hui, la DGA compte 40 % d’ingénieurs. En 2014, nous serons à 60 %.

Dans son livre, Hervé Morin estime qu’il va manquer 20 à 30 milliards pour équiper les armées d’ici à 2020. La France tire-t-elle des chèques en blanc pour entretenir sa défense, comme l’affirme l’ancien ministre de la défense ?

Je m’en tiens à la trajectoire financière décidée par le Président de la République, à savoir 377 milliards pour les lois de programmation militaires 2009-2014 et 2015-2020. Avec ce montant de crédits, il ne manque pas 30 milliards. L’exécution budgétaire a connu quelques aléas, par exemple parce qu’il a fallu réintégrer des commandes nationales de Rafale faute de contrat à l’exportation. Mais globalement, notre gestion en commun avec l’Etat Major des Armées est parfaitement en ligne avec les plans d’équipements. Travailler en liaison étroite avec les clients est plus indispensable que jamais dans nos industries de programmes. La programmation budgétaire triennale 2011-2013 est claire.

Pas de « bosse budgétaire » en train de gonfler ?

Nous investissons de manière responsable avec l’Etat Major. Si cela nous conduit à des engagements financiers ingérables, alors nous ne lançons pas les programmes en question.

Et si les 750 millions de ventes des fréquences hertziennes ne sont pas au rendez-vous cette année ?

Il y a une énorme demande de fréquences compte-tenu du développement des communications mobiles, notamment de données et d’images. Et l’Arcep finalise l’appel d’offres. Nous n’avons donc aucune raison à ce stade de douter du calendrier.

Sur la plan industriel, Gérard Longuet a évoqué un « grand projet national » au service duquel l’Etat pourrait mettre ses participations. Quels sont les contours de ce grand projet ? Fait-t-il de Thales le pivot d’un futur grand groupe français à dominante militaire ?

Je ne peux pas m’exprimer à la place du ministre de la Défense. Ce qui est certain, c’est que nous traitons actuellement le dossier de la rectification des frontières entre Thales et Safran sur le périmètre suivant : toutes les activités et compétences de navigation inertielle et de génération électrique chez Safran, et toutes celles d’optronique chez Thales. Nous avons bien délimité les périmètres concernés, y compris au niveau industriel. Aujourd’hui, le travail des deux groupes et de leurs banques conseil va maintenant consister à mettre au point les modalités pratiques, à valoriser le tout et voir comment équilibrer l’échange d’actifs.

Les discussions ont échoué il y a un an. En quoi le contexte est-il plus favorable aujourd’hui ?

Il y a un an, le périmètre en discussion comprenait l’avionique civile de Thales à la demande de Safran. Safran reste intéressé mais, à ce stade, ni Thales, ni son actionnaire Dassault, n’y sont ouverts. Il y a donc beaucoup plus de chances que les négociations aboutissent si un équilibre industriel et économique est trouvé sur ce périmètre plus restreint mais plus simple. On peut espérer une décision de principe à l’été.

Dans le naval militaire, comment la DGA voit-elle l’évolution de l’actionnariat de DCNS ?

Nous demeurons fermement partisans d’une évolution de la participation de Thales dans DCNS de 25 % à 35 %. Tout est prêt pour cela. Quand à franchir les 51 %, j’y suis également favorable à titre personnel, parce que, globalement, l’industrie de défense française est encore trop éparpillée au regard de ce qui se passe dans d’autres pays et cela n’est pas favorable aux capacités d’investissements de cette industrie. Maintenant, c’est au gouvernement de trancher le moment venu. Le rapprochement avec les activités correspondantes de la filiale de Thales au Pays Bas pourrait faire de DCNS le pilier naval de Thales.

Et dans le terrestre, un rapprochement Nexter Thales est-il envisagé ?

C’est une des solutions. Ce n’est pas la seule, puisqu’on peut envisager un rapprochement avec Renault Trucks Défense ou Panhard. Quoiqu’il en soit, il est souhaitable qu’une option soit clairement arrêtée quand on lancera l’appel d’offres VBMR pour le remplacement des Véhicules de l’avant blindé, c’est à dire en 2012 (le programme vise plus de 2.000 blindés à construire, NDLR).

Luc Vigneron, le PDG de Thales, a été l’objet d’attaques très dures depuis sa nomination. On dit que vos rapports sont difficiles. A-t-il le soutien du ministère de la Défense ?

La question ne se pose pas comme cela. Luc Vigneron a le soutien de son conseil d’administration où siège l’Etat. Si l’Etat n’était pas satisfait, il le ferait savoir. L’Assemblée générale de Thales a lieu prochainement. Il n’y a pas de motion prévoyant son départ. Quand à moi, ce n’est pas avec Luc Vigneron que j’ai des rapports quelque peu rugueux, c’est avec l’industrie en général dès lors qu’il s’agit de questions de respect des coûts, des délais et des performances de certains programmes. Il faut arrêter de croire que l’Etat peut tout assumer.

La réorganisation entreprise chez Thales est-elle une source de soucis pour la DGA ?

L’organisation de chaque industriel n’est pas mon sujet, si elle n’est pas à l’origine de retards constatés sur les programmes ou de problèmes liés à l’exportation. Sur ce dernier sujet, il faut être très vigilant. En 2010, nos prises de commandes ont été inférieures de moitié à ce qu’elles étaient en 2009. Même si l’explication principale est que nous n’avons pas concrétisé comme prévu certains gros contrats, c’est loin d’être satisfaisant. Nous travaillons avec les grands groupes. Mais aussi avec les PME pour voir comment les aider.

Quel est le retour d’expérience de la guerre en Libye ? Des manques ont-ils été identifiés ?

La disponibilité des matériels engagés est excellente. Par ailleurs, les armements utilisés, missile de croisière Scalp ou Air sol tactique AASM notamment, offrent les niveaux de performance attendus. Le matériel de reconnaissance donne également satisfaction. C’est encourageant, car ce qu’on avait prévu il y a des années est au rendez-vous. J’ajoute qu’il faut deux fois moins de personnes pour mettre en oeuvre un Rafale qu’il n’en faut pour un F-16. Quant aux manques qui sont apparus, nous allons faire une analyse précise rapidement avec l’Etat Major des armées.

On peut sans risque avancer que l’absence de drones se fait sentir. Quand le ministre va-t-il choisir entre l’achat de Reaper à l’américain General Atomics ou la modernisation des Harfang d’EADS ?

Nous allons d’abord tirer tous les enseignements de l’opération Harmattan, puis proposer une solution au ministre d’ici à la fin du semestre, en intégrant nos réflexions sur l’emport d’armement notamment.

Où en est la mise en oeuvre du traité franco-britannique ? Etant donné l’ambition affichée, qu’est-ce qu’il reste pour la coopération avec l’Allemagne ou l’Italie ?

Les discussions avancent tout à fait normalement. Nous avons des équipes de programmes communes. Un grand point d’avancement est prévu à la rentrée. Et cela ne signifie pas que nous laissons tomber nos autres partenaires l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Avec l’Italie par exemple nous allons proposer prochainement au ministre des pistes de coopérations. Le traité franco-britannique a servi d’électrochoc, qui a permis de faire bouger les lignes.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN RUELLO

Source: Les échos

Poussés par l’Etat, Safran et Thales discutent à nouveau

27/04/11 | 07:00 | Alain Ruello

Safran-Thales, c’est reparti ! Un an après l’avoir refermé, l’équipementier aéronautique et le groupe d’électronique ont rouvert l’épineux dossier du rapprochement de leurs actifs militaires. L’initiative en revient à Alain Juppé durant son court séjour à la tête du ministère de la Défense, Gérard Longuet ayant repris le flambeau. Bercy pousse également à la roue. « Les discussions ont repris sur un mode constructif », confirme-t-on au sein des pouvoirs publics. « Des équipes travaillent sur le sujet au sein des deux entreprises », ajoute une source industrielle.

Véritable serpent de mer, le dossier part du constat fait par l’Etat, actionnaire et premier client des deux entreprises, qu’en ces temps de restrictions budgétaires, il n’est plus possible de financer des bureaux d’études concurrents. En l’occurrence, deux activités de Thales et de Safran auxquelles la Défense consacre un demi-milliard d’euros par an se recouvrent : l’optronique (électronique appliquée à l’optique), et la navigation inertielle, qui permet à un objet de se repérer dans l’espace de façon autonome. Il s’agit de technologies pointues que très peu de pays maîtrisent, donc protégées des délocalisations.

« Rectifications de frontières »

Au-delà des questions de finances publiques, un rapprochement fait sens d’un point de vue stratégique. Combinées sous une forme ou une autre, l’optronique de Safran et celle de Thales dépasseraient le milliard d’euros de revenus, ce qui ferait de l’ensemble un leader mondial. Pour ce qui est de la navigation inertielle, un regroupement des forces serait un avantage, sans être suffisant, car les américains Honeywell et Northrop Grumman sont loin devant.

Décidé à faire bouger les lignes, Hervé Morin avait poussé les deux industriels à négocier fin 2009, sur la base d’un schéma proposé par la Direction générale de l’armement : l’optronique aurait été regroupée chez Thales et la navigation inertielle chez Safran. Pour équilibrer les échanges d’actifs, il était également question que Safran récupère la génération électrique (ex-Auxilec), l’avionique et les calculateurs de Thales. Malgré ses efforts, l’ex-ministre de la Défense a dû jeter l’éponge, buttant principalement sur des « questions de principe », témoigne un des négociateurs de l’époque.

Aujourd’hui, à part le ministre de la Défense, les acteurs de la pièce sont les mêmes : Luc Vigneron pour Thales avec Charles Edelstenne pour l’actionnaire Dassault ; Jean-Paul Herteman, côté Safran. Et le dossier reste aussi complexe. Les mêmes causes risquent donc de produire les mêmes effets, même si les discussions actuelles sont beaucoup plus intenses qu’il y a un an.

Gérard Longuet y croit en tout cas. Citant l’exemple du rapprochement Safran-SNPE dans la propulsion solide, le ministre avait déclaré début avril lors du colloque « Défense aéronautique » des « Echos » : « Il y aura d’autres rectifications de frontières. Elles devraient être possibles puisque, en général, ce sont des frontières qui ne séparent pas des pays antagonistes mais des sociétés qui ont le même actionnaire. » Contactés, Safran, Thales et le ministère de la Défense n’ont pas souhaité commenter.

ALAIN RUELLO, Les Echos

Source : les échos.fr

Commission Clears Acquisition of Advanced Lithium Systems Europe by Atlas Elektronik and Systems Sunlight

The European Commission has granted clearance under the EU Merger Regulation to the creation of a joint venture, Advanced Lithium Systems Europe S.A. of Greece, which will be jointly controlled by Atlas Elektronik GmbH of Germany and Systems Sunlight S.A. of Greece.

The activities of Advanced Lithium Systems Europe S.A. will be limited to the manufacture and distribution of exercise torpedo batteries.

Atlas Elektronik GmbH is a supplier of electronics and other equipment in the naval systems sector. Systems Sunlight S.A. is active in the design, production and distribution of batteries and energy production systems.

The transaction was examined by the Commission under the simplified merger review procedure.

Concentrations: la Commission autorise l’acquisition, par la société aéronautique française SAFRAN, de l’activité «moteurs-fusées à propergol solide» de la SNPE

La Commission européenne a autorisé, en application du règlement de l’UE sur les concentrations, le projet d’acquisition, par SAFRAN, de l’activité «moteurs-fusées à propergol solide» de l’entreprise publique française SNPE, à savoir sa filiale SNPE Matériaux Énergétiques («SME») et sa participation dans REGULUS, une entreprise commune qu’elle détient avec la société italienne Avio. Après examen, la Commission est parvenue à la conclusion que l’opération n’entraverait pas de manière significative le jeu d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen (EEE) ou dans une partie substantielle de celui-ci.

SAFRAN est une société française essentiellement spécialisée dans la propulsion aéronautique et spatiale, les équipements de bord, la défense et la sécurité.

Dans le cadre de l’opération envisagée, SAFRAN acquerrait l’activité «moteurs-fusées à propergol solide» de l’entreprise publique française SNPE. Cette activité se compose i) de SME, filiale de la SNPE, et ii) de la participation de la SNPE dans l’entreprise commune REGULUS, qu’elle contrôle avec l’entreprise italienne Avio. Les deux opérations étant interdépendantes et portant sur un domaine unique, en l’occurrence les activités de propulsion solide de la SNPE, la Commission a considéré qu’elles constituaient une seule opération de concentration à des fins de contrôle des concentrations par l’Union européenne.

SME conçoit, élabore et fabrique des charges propulsives et des équipements énergétiques pour les industries aéronautique, aérospatiale, automobile et de la défense, ainsi que des propulseurs à usage militaire et des matières premières liées à ces applications. SME fabrique aussi des matériaux composites utilisés dans l’aérospatiale, la défense et d’autres industries. Par l’intermédiaire de Roxel, une entreprise commune qu’elle contrôle avec MBDA, un fabricant européen de missiles, SME est également présente dans la fourniture de «moteurs‑fusées à propergol solide».

Regulus est une société française qui exploite une usine de production de propergol solide en Guyane française, où les principaux segments des moteurs-fusées à propergol solide d’Ariane 5 sont chargés en carburant.

Il ressort de l’examen effectué par la Commission que les activités des parties sont largement complémentaires, étant essentiellement axées sur des types de produits différents.

L’examen de la Commission a également montré que le regroupement des activités de SAFRAN et de SME ne conduirait pas à un verrouillage des intrants ou de la clientèle, en raison de la présence d’autres fournisseurs, de la relation déjà existante entre les parties et de la présence relativement limitée de SAFRAN sur les marchés concernés.

Par conséquent, la Commission a conclu que l’opération ne poserait pas de problème de concurrence.

Règles et procédures relatives au contrôle des concentrations

En 1989, la Commission a été habilitée à apprécier les fusions et acquisitions entre entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse certains seuils (voir l’article 1er du règlement sur les concentrations). Elle autorise la grande majorité des concentrations sans fixer de conditions et n’exige des mesures correctives ou n’interdit une concentration que lorsque l’opération notifiée est susceptible d’entraver sensiblement le jeu de la concurrence, au détriment des consommateurs.

À compter de la date de notification d’une opération, la Commission dispose en général d’un total de 25 jours ouvrables pour décider soit d’autoriser cette opération (phase I), soit d’ouvrir une enquête approfondie (phase II).

L’opération a été notifiée à la Commission le 23 février 2011. De plus amples informations sur cette affaire sont disponibles à l’adresse suivante:

http://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_6104

Finmeccanica Announces the Merger of Elsag Datamat and SELEX Communications

March 28, 2011

Finmeccanica’s Board of Directors, meeting in Rome today, has decided to initiate the merger of Elsag Datamat and SELEX Communications.

The transaction is in line with the company’s plan, launched in 2010, to upgrade its industrial assets in the Defense and Security Electronics sector, and is aimed at creating a centre of expertise at Group level in the Information and Communication Technology (ICT), Security, Automation and Telecommunications sectors, enabling Finmeccanica to fulfill the increasing demand for complete and integrated ICT solutions and secure network management services, and bringing under one roof all the Finmeccanica companies working in this sector.

“The new structure of the Defense and Security Electronics segment organizes Finmeccanica’s offer into three centres of expertise,” said Pier Francesco Guarguaglini, Chairman and CEO of Finmeccanica.

“The resulting organization, with outstanding capabilities in the fields of Information Technology, Telecommunication, Security and Automation, will work with the SELEX Sistemi Integrati systems centre, handling large defense and homeland security and Surface Radar systems, and with SELEX Galileo, a centre of expertise in avionics and electro-optical imaging.

“This new entity will enable the operating companies to better focus on their missions and successfully meet the demands of our clients for “turnkey” solutions, while ensuring cost optimization”.