Le Gripen, cet avion qui multiplie les risques

Bernard Wuthrich berne

22 août 2012

La sous-commission estime que l’évaluation a été correcte. Elle énumère cependant des risques techniques, financiers et temporels. Des reproches sont adressés à Ueli Maurer

Gripen, nous ne suspendons pas ton vol, mais cela ne signifie pas que nous n’allons pas te clouer au sol plus tard. Tel est le message délivré hier par la Commission de la politique de sécurité du Conseil national (CPS), qui a publié le très attendu rapport de sa sous-commission sur le remplacement des Tiger.

Par 24 voix sans opposition, la CPS a décidé de transmettre ce rapport à l’ensemble du Conseil fédéral, dont il attend une prise de position d’ici à fin octobre. C’est la date prévue pour la présentation du programme d’armement 2012, dans lequel l’achat des avions de combat sera inclus. Par 16 voix (de droite) contre 9 (de gauche), la commission a renoncé à suspendre le processus d’acquisition jusqu’à ce que les risques identifiés dans le rapport aient été écartés.

Présidée par le conseiller national et pilote Thomas Hurter (UDC/SH), la sous-commission constate en premier lieu que «le processus d’évaluation technique du Gripen a été effectué correctement». Voilà qui écarte d’un coup d’aile les reproches formulés dans une lettre anonyme, dont les auteurs ont été soupçonnés de voler pour le Rafale français concurrent. Le rapport de 36 pages rappelle cependant que le Gripen a été évalué comme le moins performant des trois appareils en compétition, et a obtenu la mention «juste satisfaisant». Le Rafale et l’Eurofighter avaient été mieux notés.

Pour le reste, le document énumère une «liste de risques financiers et techniques et de problèmes de calendrier que le Conseil fédéral devra clarifier d’ici à la publication du programme d’armement», résume Thomas Hurter. Il précise que c’est bien le Conseil fédéral dans son ensemble et pas uniquement le chef du Département de la défense, Ueli Maurer, qui devra prendre position. Un geste de défiance envers le ministre UDC? Ni la présidente de la CPS, Chantal Galladé (PS/ZH), ni Thomas Hurter ne répondent à cette question. Le rapport montre cependant que des défauts de communication sont mis au passif du conseiller fédéral et de son entourage. Ainsi, la sous-commission n’a appris que ce printemps – alors que les responsables le savaient depuis 2009 – que l’appareil que la Suisse comptait acheter était de type E/F et non le modèle précédent C/D. «On nous avait pourtant certifié que le modèle E/F n’entrait pas en ligne de compte», se souvient Thomas Hurter.

Autre reproche adressé à Ueli Maurer: la manière dont la communication s’est faite a laissé penser aux concurrents de Saab Gripen, que c’est «l’avion doté des meilleures qualités techniques qui serait sélectionné» alors qu’on savait déjà que «le prix jouerait un rôle aussi important dans l’offre». La sous-commission reproche encore au conseiller fédéral d’avoir laissé croire aux constructeurs du Rafale et de l’Eurofighter qu’ils pourraient faire une nouvelle offre lors d’une conférence de presse en février. «La communication du Conseil fédéral a péché par manque de clarté et donné lieu à des malentendus», condamne le rapport. Ueli Maurer rejette ce reproche (lire ci-dessous).

La CPS ne recommandant pas l’interruption de l’exercice, elle attend désormais des réponses à ses questions, car le Gripen est l’appareil qui comporte le plus de risques. Ils sont de trois natures. Premièrement, la technique. Des doutes sont émis sur la «capacité opérationnelle» du Gripen E/F, qui n’a pas pu être testé en vol. 98 améliorations techniques ont été demandées et le développement de l’appareil flotte dans un nuage d’incertitudes.

Deuxièmement, le risque financier. Le prix d’achat des 22 appareils a été fixé à 3,126 milliards de francs. Ueli Maurer jure que le budget sera respecté. Thomas Hurter fait cependant remarquer que «les frais de développement du Gripen n’ont fait l’objet d’aucun examen».

Il s’agit notamment de s’assurer que, pour respecter le coût de production prévu, la Suède se dotera de son côté de 60 à 80 avions du même type. Les coûts d’exploitation n’ont pas pu être estimés, souligne-t-il. Et la décision suédoise n’est pas prise.

Or, les deux pays s’observent. Les deux parlements doivent avaliser la décision d’achat des Gripen E/F. Mais la sous-commission n’est pas au clair: elle n’a pas pu déterminer «si c’est la Suisse qui attend un signal de la Suède pour procéder à l’acquisition ou le contraire». Ce doute devra être levé. La première Chambre du parlement suédois doit se prononcer le 20 septembre, l’autre en décembre. La CPS attend par ailleurs de la Suède qu’elle accorde une garantie d’Etat concernant le développement, le coût et la livraison du nouvel appareil.

Il y a enfin les risques du calendrier. La Suisse espérait recevoir son premier engin en 2016. On parle désormais de 2018. Mais la Suède prévoit de son côté 2020 ou 2022. Or, relève Thomas Hurter, on se rapproche doucement du calendrier de remplacement des F/A-18, qui datent des années 90. Ce qui ne serait pas forcément problématique dans la mesure où cela permettrait de rediscuter globalement des besoins réels de l’aviation militaire suisse.

La sous-commission s’est aussi penchée sur les commandes compensatoires que les trois avionneurs se sont engagés à négocier avec les entreprises suisses. Elle constate que le programme de 2,2 milliards de Saab Gripen ne satisfait pas complètement le critère de la répartition régionale. Parce que Ruag et Pilatus se taillent la part du lion: le premier réalisera le montage final du Gripen (un milliard) et le second vendra des avions d’entraînement PC-21 pour 600 millions. De quoi faire grincer dans les PME, notamment romandes.

Les décisions de la CPS ont été accueillies diversement. Le président de la Société suisse des officiers, Denis Froidevaux, se réjouit de voir que «les procédures ont été respectées», contrairement à ce que disaient les dénonciations anonymes. Mais «le Conseil fédéral doit mettre en place une politique de gestion des risques et de communication cohérente», commente-t-il.

Devant le parlement, la partie s’annonce difficile. Le PS et les Verts ont confirmé mardi qu’ils s’opposaient à cet achat, qui menace d’autres investissements dans l’énergie, la formation ou des transports. Les partis de droite soutiennent le remplacement des Tiger, mais pas à n’importe quel prix. Les risques sont qualifiés de «considérables» par le PLR et par le PDC, qui attendent des précisions sur la prise en charge des frais de développement par la Suède. Les critiques du rapport à l’égard d’Ueli Maurer mettent l’UDC dans l’embarras.

Source: Le Temps

Swiss Fighter Jet Purchase to Go Ahead Despite Criticism

Aug. 21, 2012
By AGENCE FRANCE-PRESSE

GENEVA, Switzerland — Switzerland is to press ahead with its controversial purchase of 22 Saab Gripen fighter jets despite a highly critical parliamentary report into the deal released on Aug. 21.

The parliamentary security commission found that the “choice of jet made by the Federal Council carries the most risks: technically, commercially, financially and in respect of the delivery date”, Swiss news agency ATS reported.

The members of the commission — appointed by the Swiss parliament’s National Council of representatives — nonetheless voted 16 to 9 against demanding that ministers put a halt to the deal.

Defense minister Ueli Maurer, who is in charge of the dossier, said that negotiations with Sweden were “reaching their conclusion (and) will allow us to resolve any outstanding issues.”

The purchase price — 3.126 billion francs (2.6 million euros, $3.25 billion) — was guaranteed not to change, he said, adding that the Gripen “was the cheapest” option compared with the French Dassault Rafale and the EADS Eurofighter.

Opponents of the Gripen purchase announced that they would seek to hold a national referendum on the deal.

Le choix du Gripen continue à semer la zizanie en Suisse

29/05/2012 – Michel Cabirol

L’avion de combat suédois provoque un débat sans précédent dans le pays. Le président du parti libéral-radical suisse demande au conseil fédéral « de renoncer au Gripen » et de relancer le Rafale (Dassault Aviation) et l’Eurofighter (EADS, BAE Systems et l’italien Finmeccanica).

Décidément, le choix suisse de l’avion de combat suédois Gripen, défendu bec et ongle par le conseiller fédéral en charge de la défense, Ueli Maurer, reste un sujet à polémiques. Et tourne même au pugilat politique. Le président du parti libéral-radical suisse, Philipp Müller, estime qu’il faudrait « réfléchir à renoncer au Gripen », a-t-il déclaré dans le journal dominical suisse « Sonntag ». « Militairement, l’appareil est contesté », a-t-il rappelé. A la place, il souhaite relancer l’Eurofighter (EADS, BAE Systems et l’italien Finmeccanica) ou le Rafale de Dassault Aviation.

Pour Philipp Müller, autant profiter de cette acquisition pour régler des problèmes avec nos voisins. Les Allemands seraient peut-être prêts à un « deal » sur la question des nuisances sonores de l’aéroport de Zurich si la Suisse choisit l’Eurofighter. Le Rafale, préféré par une majorité de hauts gradés de l’armée suisse, permettrait d’aborder l’accord de double imposition avec les Français. Selon le « Sonntag », les deux conseillers fédéraux libéraux-radicaux Didier Burckhalter et Johann Schneider-Ammann seraient disposés à soutenir cette stratégie. Ambiance.

Un Gripen incapable de protéger l’espace aérien suisse

Mi-mai, le quotidien « Le Matin » révélait à l’issue des premiers tests réalisés entre le 2 et 4 mai e Suède, que sur les 98 améliorations exigées par la Suisse, seules sept avaient pu être installées sur le prototype du futur Gripen, le Gripen F Demonstrator, lors de ces essais. Le quotidien de langue française estimait que « l’avion pourrait ne pas être livré avant 2023 et ses faiblesses resteront telles qu’elles remettent en question les procédures pour protéger l’espace aérien » suisse. Ce qui a d’ailleurs provoqué une chasse aux fuites dans la presse, la commission de la politique de sécurité nationale a déposé une plainte contre X pour violation du secret en fonction.

Ces informations ont été démenties dans la foulée par Ueli Maurer, qui a une nouvelle fois défendu le Gripen « le meilleur avion pour la Suisse », dans une interview… au « Matin ». Il a également estimé que la procédure était « close » quand bien même de nouvelles offres d’autres avionneurs arriveraient sur son bureau. « Ce n’est plus le moment », a-t-il averti. Et de se lancer dans un plaidoyer quelque peu ambigu sur le Gripen. « Je n’ai pas d’autres possibilités que le Gripen. Parce que je n’ai pas davantage d’argent. Et de plus, je suis persuadé que le Gripen est un bon avion. Il présente le meilleur rapport coût-performance ».

Un achat de vélos par l’armée dans la tourmente

En attendant les conclusions de la sous-commission qui enquête sur la procédure ayant abouti au choix du Gripen, Ueli Maurer maintient le calendrier de projet d’acquisition de l’appareil suédois, qui sera présenté cet automne au Conseil fédéral, puis sera examiné par les deux chambres. La votation populaire, un référendum demandé par des citoyens et organisations suisses, est programmée dans le courant de la première moitié de 2014, selon « Le Matin ». Et dire qu’Armasuisse, la Direction générale de l’armement suisse, est également dans la tourmente… pour l’achat de 2.800 vélos à Simpel, qui provoque remous et plaintes.

Source: La Tribune

Saab revoit le prix de ses Gripen à la baisse

Le 08 février 2012 par Barbara Leblanc

Pour contrer une réévaluation de son offre par Dassault, le groupe suédois estime qu’il peut réviser à la baisse le prix de ses avions de combat qu’il doit livrer à la Suisse.

Le prix sera inférieur à 2,6 milliards d’euros, assure le directeur de Saab pour la Suisse, Anders Carp, cité mercredi par le journal Tages-Anzeiger.
Une manière pour le groupe suédois de répondre à la proposition similaire de l’avionneur français Dassault, grand perdant de l’appel d’offres en décembre dernier. Il porte sur la livraison à la Suisse de 22 exemplaires de l’avion de combat Gripen.

En effet, Dassault avait envoyé un courrier aux députés suisses leur proposant l’acquisition de 18 Rafale pour 2,7 milliards de francs suisses (2,2 milliards d’euros), espérant ainsi faire changer Berne d’avis.

Mais le constructeur suédois propose aussi à la Confédération suisse de signer le contrat pour l’achat de Gripen directement avec le gouvernement suédois, ce qui équivaut à une garantie d’Etat sur le contrat. C’est ce que précise le numéro deux du ministère suédoise de la Défense, Hakan Jevrell, cité par le journal. Ainsi, en cas de problème, les autorités suédoises pourraient venir au secours de Saab et garantir la livraison des appareils.

Le groupe Saab intervient ce jour car la commission parlementaire suisse chargée des questions de défense doit se pencher sur le dossier au plus tôt le 13 février. Le gouvernement suisse doit formellement avaliser l’achat des Gripen en février, avant de transférer le dossier au Parlement qui décidera définitivement à l’été ou l’automne.

Si une contre-offre plus avantageuse venait à se présenter, les députés pourraient néanmoins décider de renvoyer le projet d’acquisition à son début.

Trois candidats étaient en lice pour le nouvel avion de combat de la Suisse: le Rafale du français Dassault, l’Eurofighter du consortium européen EADS et le Gripen du suédois Saab.

Source: L’Usine Nouvelle

Suisse – La contre-offre de Dassault: des avions à prix cassés

Par Titus Plattner. le 29.01.2012

Avions militaires — Battu au Conseil fédéral, le constructeur français a écrit une lettre aux parlementaires suisses pour leur proposer 18 Rafale pour 2,7 milliards de francs. Plus modernes, ils feraient mieux que 22 Gripen. La proposition française est de 400 millions de francs moins chère que les Gripen

La méthode est cavalière, mais l’enjeu est faramineux. Dans une lettre adressée le 19 janvier aux présidents des Commissions de la politique de sécurité, le constructeur français Dassault propose 18 Rafale pour 2,7 milliards de francs. Selon lui, cette solution serait à la fois plus efficace et moins chère que les 22 Gripen. Le 30 novembre dernier, le Conseil fédéral avait décidé d’acheter ces derniers pour 3,1 milliards de francs. «Ce n’est pas le meilleur appareil du monde, mais c’est celui qui présente le meilleur rapport qualité-prix et qui correspond le mieux à nos besoins», s’était alors justifié le ministre de la Défense Ueli Maurer.

Dans le courrier d’une page, auquel «Le Matin Dimanche» a eu accès, Dassault affirme n’avoir jamais eu l’opportunité d’optimiser le rapport coût-efficacité. «J’ai bien reçu cette lettre», confie Hans Hess qui en discutera avec ses collègues de la commission du Conseil des Etats le 13 février. Le libéral-radical obwaldien ne se souvient toutefois plus très bien des chiffres qui y figuraient. «Nous avons bien écrit une lettre à la commission», se borne à confirmer de son côté le service de presse de Dassault. Le constructeur réserve ses commentaires à la commission si elle le désire.

Selon nos informations, l’offre française concerne les mêmes avions et les mêmes investissements en Suisse. Par rapport à l’offre évaluée en novembre par le Conseil fédéral, le nombre d’appareils a été réduit de 22 à 18. Ceux-ci ont été optimisés, afin de mieux correspondre aux besoins de la Suisse. La capacité air-sol a ainsi été légèrement réduite, en renonçant par exemple aux pylônes d’attache pour les grosses bombes. L’avionique (équipements électroniques, électriques et informatiques) reste en revanche la même. «Et la capacité opérationnelle des Rafale pour assurer une permanence aérienne est rigoureusement identique», assure notre informateur.

Selon les Français, ces 18 avions rempliraient largement la tâche de 22 Gripen. «C’est exact», confirme un haut gradé suisse sous couvert de l’anonymat. Le module qui avait évalué la capacité de chacun des constructeurs à maintenir sur la durée différents types de mission, explique-t-il, arrivait à un rapport de 3 Rafales ou 3 Eurofighter pour 5 Gripen.

Concessions maximales

Cette différence s’explique notamment par la plus faible autonomie de l’avion suédois. Plus un avion doit retourner souvent à la base pour faire le plein de carburant, plus il faut engager de pilotes et d’avions pour maintenir une zone d’exclusion aérienne, comme c’est par exemple le cas ces jours-ci au-dessus de Davos.

Pour convaincre les parlementaires suisses, les Français comptent aussi sur leur paquet «coopération militaire», qui était lui aussi sorti en tête lors de l’évaluation, comme nous le confirme une source chez Armasuisse.

La France a ainsi offert un accès 24 heures sur 24, été comme hiver, à toutes ses bases aériennes. Du point de vue des Forces aériennes suisses, cette possibilité se révèle surtout intéressante en été afin de limiter les nuisances sonores en Suisse. D’autant que les pilotes suisses peuvent aller pour la journée sur ces bases et rentrer chez eux le soir. Mais l’accord que propose la France leur permet aussi d’y rester plusieurs semaines durant. L’utilisation des zones de tir et des zones d’entraînement supersonique au-dessus de la mer Méditerranée est également prévue. Tout comme un accès aux simulateurs de vol et la possibilité de profiter de la logistique française lors des exercices internationaux.

Ueli Maurer prêt à recommencer

Mais ce qui distingue la proposition de la France de celles de ses concurrents allemands et suédois, c’est l’accès aux satellites militaires pour la reconnaissance Hélios 1 et 2. Ainsi que la possibilité d’obtenir les données radars des Awacs. «Ces offres ont été approuvées au plus haut niveau», par la présidence de la République, explique notre haut gradé suisse.

En novembre, les Français étaient convaincus de remporter le marché, tant ils avaient marqué des points lors de l’évaluation. Ils pensaient aussi pouvoir vendre leurs avions au prix fort. Aujourd’hui, avec un coût par appareil de plus de 15% meilleur marché, ils redeviennent compétitifs. Cette concession gigantesque s’explique par leur difficulté à conclure des ventes au Brésil, en Inde et aux Emirats arabes unis. Mais la concession vient un peu tard.

A moins qu’au mois de juin le Parlement ne rejette l’achat des Gripen proposé par le Conseil fédéral. «Dans ce cas, explique aujourd’hui le ministre de la Défense, Ueli Maurer, dans une interview à la SonntagsZeitung, il faudrait recommencer l’évaluation au début, afin de mettre tout le monde sur un pied d’égalité.»

Source: le Matin

Pilatus vend et livre le Qatar, l’Arabie Saoudite et Botswana

Selon un article de la Neue Zürcher Zeitung du 29 avril, le gouvernement a accordé le 20 avril à la fabrique d’aviation Pilatus à Stans la vente de douze avions d’entraînement militaire de type PC-21 au Qatar.

Le gouvernement a également autorisé la livraison de deux Pilatus à l’ Arabie Saoudite. En qualité de ministre responsable de l’Economie, Johann Schneider-Ammann avait classé l’affaire comme confidentielle, il n’y a pas eu d’informations officielles à ce sujet.

Le public n’ été informé que par le biais d’ indiscrétions sur les exportations dans les pays arabes, a indiqué la NZZ. Au même moment, l’entreprise Pilatus a annoncé qu’elle pourrait livrer cinq avions d’entraînement PC-7 d’une valeur de 40 millions de francs au Botswana.

Le Groupe pour une Suisse sans Armée a répliqué en relevant que le Botswana était régulièrement mis au pilori en raison «d’atteintes flagrantes aux droits de l’homme» et que malgré ses problèmes sociaux dramatiques ce pays consentait d’énormes dépenses en armement. Le secrétariat d’État à l’économie avait accepté la transaction, mais n’a pas voulu prendre position sur les détails de l’affaire «en raison du secret professionnel»

Source: swissinfo.ch.

Ruag se prépare à une transaction risquée

Par Jean-Michel Berthoud, swissinfo.ch

12. mai 2011

Le fabricant d’armes suisse et le groupe d’armement américain General Atomics s’apprêtent à vendre conjointement des drones à l’armée de l’air allemande. Des avions, utilisés pour des vols de reconnaissance sans pilote, mais aussi pour des éliminations humaines ciblées en temps de guerre.

L’entreprise Ruag, propriété de la Confédération, veut participer avec le fabricant américain des drones Predator à l’appel d’offres de l’armée allemande. «En cas de vente d’avions de ce type, Ruag prendrait en charge la maintenance, l’entretien, la réparation et la révision des drones», a expliqué à la Radio suisse alémanique Christiane Schneider, directrice de communication de Ruag.

Ruag attend depuis plus de quarante ans d’avoir l’occasion de vendre des dispositifs militaires à l’armée allemande, par l’intermédiaire d’une filiale à Oberpfaffenhofen, en Bavière.

Intervention possible en Afghanistan

Le modèle concerné serait conçu pour la surveillance aérienne allemande. L’engin volant télécommandé, qui peut transporter une charge utile de 1,7 tonnes, peut aussi être équipé d’un large spectre d’armes, comme des missiles air-sol ou des bombes guidées. Les drones de ce type, désignés actuellement par le terme MQ-9 Reaper, sont engagés en Afghanistan et dans la zone limitrophe pakistanaise par les forces aériennes américaines dans le cadre de la guerre contre les Talibans et Al-Qaïda.

Christiane Schneider ajoute que «nous partons du principe qu’il s’agit de drones de reconnaissance. Fondamentalement, tout drone peut être armé, comme c’est le cas pour les voitures. Car on peut aussi faire de chaque voiture une arme.»

Le fait est que les drones pourraient aussi être un jour utilisés en Afghanistan, l’armée allemande étant engagée dans ce conflit.

Le mandat décisif de l’ONU

Une telle joint-venture est-elle légale en regard de la législation suisse? swissinfo.ch a posé la question à Simon Plüss, responsable des exportations suisses de matériel de guerre au sein du Secrétariat d’État à l’économie (seco). Selon lui, il s’agit d’abord de déterminer s’il s’agit de matériel de guerre ou non.

«A ma connaissance, il s’agit de travaux d’entretien que Ruag devrait effectuer sur des drones livrés à l’armée allemande par les États-Unis, explique-t-il. Ces travaux pourraient entrer dans la catégorie du matériel de guerre, car certains services sont aussi visés par la loi. Autre question: certains travaux seront-ils faits en Suisse et les drones ensuite renvoyés en Allemagne?»

Mais Simon Plüss estime que ces questions restent encore du domaine de la spéculation. «Je ne sais pas exactement comment se déroulera la transaction, avoue-t-il. Le moment venu, s’il s’avère qu’il s’agit bien de matériel de guerre, il faudra examiner si les critères de la loi concernant le matériel de guerre en cas d’exportation sont bien remplis.»

En ce qui concerne les conflits civils ou internationaux, le gouvernement suisse a développé une pratique permettant l’exportation de matériel de guerre si le pays acheteur participe à une intervention reposant sur un mandat de l’ONU ou si un accord intervient entre la Suisse et le pays destinataire sur l’utilisation du matériel. Pour Simon Plüss, l’autorisation pourrait être accordée dans ce cas si l’utilisation en Afghanistan se fait dans le cadre du mandat de l’ONU.

«Une politique de neutralité douteuse»

Mais l’expert en droit international Rainer J. Schweizer, de l’université de St-Gall, exprime des doutes, notamment en raison du fait que Ruag appartient à 100% à la Confédération. Répondant aux questions de la Radio suisse alémanique, il estime que des travaux de maintenance de Ruag sur les drones «pourraient finalement conduire à un soutien logistique dans un conflit armé comme celui qui se déroule en Afghanistan. Or, si l’OTAN a reçu un mandat de l’ONU pour de telles actions, ce n’est pas le cas de la Suisse, qui a choisi une voie de prudence conforme à sa politique de neutralité et qui se concentre sur des actions de maintien de la paix.»

Au seco, Simon Plüss estime que la compatibilité avec la neutralité devra être jugée dans le cas concret de l’entretien des drones. Mais il estime que «la transaction n’est pas exclue. On saura si elle respecte toutes les conditions pour être autorisée seulement lorsqu’une demande concrète nous est adressée. Pour le moment, nous n’en savons rien.»

Le Vert Josef Lang, spécialiste des questions de sécurité, souligne pour sa part que «la transaction est politiquement très risquée. Ruag est une entreprise fédérale. La Suisse serait de ce fait au moins indirectement impliquée dans la guerre en Afghanistan. Ce serait une erreur d’autant plus grave que la Suisse pourrait prochainement jouer un rôle dans la pacification de l’Afghanistan.»

«S’il était dans l’intention de la Suisse de jouer un tel rôle, il faudra probablement la prendre en compte lors de la décision, admet Simon Plüss. Mais je n’ai aucune indication que quelque chose de tel soit prévu.»

«Dans le cadre légal»

Chez Ruag, on est bien conscient qu’un contrat concernant les drones pose des questions. «Mais nous agissons strictement dans le cadre légal». Jusqu’à l’appel d’offre du gouvernement allemand, il pourrait s’écouler encore une période de jusqu’à deux ans, selon l’entreprise fédérale.

Parlant des troubles en Afrique du Nord et des conflits au Proche-Orient, le patron de l’entreprise Lukas Braunschweiler avait dit fin mars, lors de la dernière conférence de presse annuelle à Zurich-Oerlikon, que Ruag s’en tenait toujours au «sévère régime d’exportation dicté par le droit suisse». Il a affirmé que son entreprise était «consciente de ses responsabilités». La part de marché de Ruag dans les régions d’Amérique du Sud, du Proche-Orient et d’Afrique ne serait que de 2%. Aucun «projet critique» n’a dû être retiré jusqu’à maintenant.
Jean-Michel Berthoud, swissinfo.ch

Suisse: le conseil national veut de nouveaux avions de combat

mercredi9 mars 2011

Par 95 voix contre 69, la Chambre du peuple a adopté mercredi une motion réclamant un relèvement du plafond des dépenses pour l’armée. L’achat devrait intervenir avant 2015

L’achat de nouveaux avions de combat devrait intervenir avant 2015, estime la majorité bourgeoise du National. Pour ce faire, elle est prête à ouvrir grand le porte-monnaie. Par 95 voix contre 69, la Chambre du peuple a adopté mercredi une motion réclamant un relèvement du plafond des dépenses pour l’armée.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. La motion doit permettre au Parlement d’octroyer durant la prochaine législature déjà un crédit pour acquérir les appareils destinés à remplacer la flotte des «Tigers». La droite a réagi ainsi à l’annonce faite en août dernier par le Conseil fédéral d’ajourner sa décision.

Sous la pression d’Ueli Maurer, le gouvernement avait alors fait valoir des soucis financiers. L’achat de 22 nouveaux avions coûterait entre 3,5 et 5 milliards de francs, selon le ministre de la défense. Son département et celui des finances ont été chargés de trouver une solution.

Si la position du Conseil fédéral a ravi la gauche – le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a entre-temps retiré son initiative pour un moratoire jusqu’en 2020 sur l’achat d’avions de combats –, elle a fait grincer des dents dans les rangs bourgeois.

Mauvais signal

«De nouveaux avions sont indispensables pour assurer la protection de l’espace aérien suisse», a critiqué Bruno Zuppiger (UDC/ZH) au nom de la commission. Les offres déposées par les constructeurs ne sont valables que jusqu’à fin 2011. «Commander une nouvelle évaluation au lieu de libérer les moyens nécessaires coûtera plus cher et serait un mauvais signal», a ajouté Pius Segmüller (PDC/LU).

Ueli Maurer s’est voulu «réaliste». Pour libérer les fonds nécessaires et respecter le frein à l’endettement, il faudrait couper à court terme quelque 4 milliards de francs dans les dépenses d’autres départements, a averti le conseiller fédéral.

Fer de lance de l’initiative du GSsA, Josef Lang (Vert/ZG) a brandi la menace d’un référendum. En vain. Si une dépense est nécessaire, il faut savoir délier les cordons de la bourse, a répété Bruno Zuppiger.

Trois constructeurs sur les rangs

Jusqu’à présent, trois constructeurs étaient sur les rangs pour fournir de nouveaux jets à la Suisse: le consortium européen EADS avec l’Eurofighter, le Suédois Saab avec le Gripen et le Français Dassault avec le Rafale. En février, le commandant des Forces aériennes Markus Gygax a évoqué la possibilité d’élargir l’appel à d’autres entreprises si le gouvernement tarde à trancher.

Parmi les avionneurs envisageables, les Américains Joint Strike Fighter et Boeing, ce dernier construisant le Super Hornet, successeur des FA-18. Le Conseil fédéral n’a par ailleurs pas totalement exclu l’option d’un achat d’avions remplaçant à la fois les Tigers et les FA-18.

Source: letemps.ch

WFEL on brink of £60 million deal

28 February 2011

NORTH WEST DEFENCE GROUP ON BRINK OF £60 MILLION DEAL

WFEL – the Stockport-based defence engineering group – is on the verge of clinching a £60 million sale of tactical bridging assets to the Swiss armed forces.

The business, which is backed by private equity firm Dunedin, has been down selected to a final shortlist of one following an international procurement contest, the tender for which was issued to various companies. The deal will now be passed to the Swiss Parliament via its Defence Committee for approval with a final decision expected at earliest End of this year.
As part of its selection process, a delegation from the Swiss military inspected WFEL’s advanced manufacturing facilities at its Stockport headquarters.

If agreed, the contract will see WFEL provide a tranche of its next generation bridging system, the Dry Support Bridge (DSB).

The DSB can be deployed from a single launch vehicle to span gaps of up to 46 metres in under 90 minutes and is used by armed forces in a range of humanitarian and military operations.

It is understood that WFEL would fit the DSBs to the chassis of the Swiss armed forces’ IVECO trucks.

Last October the business scooped almost £40 million in new sales through a double deal with the US.

Ian Wilson, WFEL’s chief executive, said: “We’re now nearing the conclusion of a rigorous procurement contest which has once again proven our engineering capability in the face of leading global competition.

“The contract has the potential to become one of the largest single contracts in our 75 year history in the North West and will help maintain our pace of sustained growth for several years to come.”

Source: WFEL

CASSIDIAN remporte le contrat du programme de modernisation des fantassins de l’armée suisse

01 mars 2011

Cassidian s’est vu attribuer par Armasuisse, l’Office fédéral des approvisionnements militaires de la Confédération helvétique, un contrat portant sur l’ingénierie de production avancée du programme IMESS (Integrated and Modular Engagement System for the Swiss Soldier). Le volume de cette commande dépasse les 20 millions de francs suisses. La Suisse entend, grâce au produit Warrior21™ de Cassidian, renforcer considérablement les capacités, la viabilité et la modularité de son infanterie.

L’armée suisse sera ainsi dotée d’un des systèmes d’équipement du fantassin les plus performants et modernes du monde, qui convient parfaitement aux forces interarmées de reconnaissance, de commandement et d’intervention de l’armée de Terre suisse et pourra être intégré aux systèmes déjà opérationnels.

Depuis 2007, les prototypes IMESS basés sur Warrior21™ ont fait leurs preuves à l’occasion de nombreux tests sur le terrain et de présentations aux responsables d’état-major de l’armée de Terre suisse. Le présent contrat prévoit, sur la base de ces expériences, de moderniser les systèmes existants au niveau série puis de les compléter par des systèmes d’équipement du fantassin IMESS prêts à être industrialisés. Afin d’assurer les capacités de commandement lors d’opérations à grande mobilité, le contrat prévoit également l’équipement de véhicules de combat (notamment le véhicule tactique DURO et le véhicule blindé d’assaut PIRANHA) et leur intégration au réseau IMESS.

L’industrialisation de la version IMESS du Warrior21™, qui intègre des composants plus performants et, pour la plupart, récemment développés, permettra d’optimiser diverses capacités, à savoir les capacités tactiques de commandement (du niveau compagnie à celui de chaque soldat, sans oublier les véhicules de combat), l’utilisation de moyens de communication optimisés, un gain de poids non négligeable et un bilan énergétique amélioré grâce à l’utilisation de composants nouveaux et/ou optimisés. La représentativité situationnelle et la navigation ont elles aussi évolué grâce à un casque de visualisation HMD (Head/Helmet-Mounted Display) et aux capacités améliorées de combat nocturne et de reconnaissance, notamment par des aides à la navigation et la vidéotransmission en temps réel des viseurs d’armes (optronique).

Une « ossature électronique » considérablement plus puissante et éco-énergétique, dotée de composants miniaturisés et de câbles et connecteurs fiables, sera intégrée afin de supporter les contraintes extrêmes rencontrées par l’infanterie lors des opérations. Le système PowerController de la solution Warrior21™ permet de raccorder de nombreuses sources d’énergie pour garantir une alimentation ininterrompue. Grâce à son architecture modulaire, Warrior21™ offre de nombreuses interfaces standard avec les senseurs, ainsi que des modules de liaison avec des systèmes externes.

Le produit Warrior 21™ et l’investissement continu de Cassidian en matière de Recherche & Développement (R&D) dans le domaine des systèmes de fantassin du futur apportent une contribution essentielle au développement des programmes internationaux de modernisation des troupes.

Source: EADS

http://www.eads.com/eads/france/fr/actualites/press.bda9808f-dda4-433d-8033-2dc8325fe1c4.html