L’inde, premier contrat export de l’année 2016 pour le Rafale de Dassault

Selon la presse indienne, un accord de gouvernement à gouvernement, type gré à gré, aurait été finalisé le 31 décembre 2015 entre la France et l’Inde. Le contrat de plus de 5 milliards d’euros pour 36 Rafale sera officialisé le 26 janvier lors de la visite en Inde du Président français François Hollande. C’est la fin d’un long processus de négociation alors que le suédois SAAB revenait fin décembre 2015 à la charge pour court-circuiter la maison Dassault.

Rafale 3

Retour du Rafale devant un public conquis lors du LAVEX 2007

Les détails du contrat ne sont pas connus. Néanmoins, la télévision «  ETNOW » du quotidien économique indien « Economic Times » laisse entendre qu’un rabais de 25% aurait été accordé sur une base de 105 millions d’euros par appareil. Ceci semble confirmer les annonces faites en mai 2015 d’un tel rabais, pour enfin boucler le dossier.

En effet, la vente effective du Rafale en Inde aura finalement pris plus de 4 ans après avoir gagné en 2011 face à l’Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) dans le contrat du siècle MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft) pour 126 appareils avec des options pour des appareils supplémentaires. L’armée de l’air indienne a su imposer sa voix face aux tergiversations politiques. Il faut dire que ses capacités se réduisent comme peau de chagrin face au Pakistan et la Chine. Les livraisons des Rafale devront commencer au plus tard trois ans après la signature officielle du contrat et devront tous être livrés dans les 7 ans suivant la signature de celui-ci soit avant 2023.

Cette fois-ci, contrairement au contrat MMRCA (18+108) il n’est plus question de produire les appareils en Inde. Si les appareils seront produits en France, il n’en demeure pas moins que des compensations industrielles (offset) ont été fixées. La presse indienne rapport que Dassault et ses deux principaux partenaires Safran et Thalès devront réaliser un transfert de technologies vers la DGA locale, le DRDO (Defence Research and Development Organisation) ainsi que vers certains autres acteurs de la BITD indienne comme Hindustan Aeronautics Ltd (HAL). Les français devront accorder 50% du montant du contrat en compensations industrielles.

La maintenance des Rafale devrait être faite sur place. Après avoir livrés en mars 2015 les deux premiers Mirage 2000 modernisés, Dassault a confié à HAL sur son site indien de Bangalore, la modernisation des 49 Mirage 2000H restants. Il en sera probablement de même avec le Rafale. Si Dassault va devoir collaborer avec HAL, il se peut que le français s’appuie également sur l’indien Reliance Industries (RIL). Ce dernier avait fait l’objet en décembre 2013, d’un accord des autorités indiennes avec Dassault pour la création d’un centre de production d’ailes du Rafale à Bangalore (investissement de 120 M€).

Ajoutons que Dassault Aviation avait ouvert une nouvelle filiale fin 2012 à New Dehli, afin de constituer le 6ème centre de maintenance aéronautique (civil) du groupe dans le monde. Il s’agit pour le groupe d’accompagner la croissance du marché de l’aviation d’affaires en Asie dans le cadre de sa gamme Falcon mais pourrait également servir dans le cadre des compensations industrielles.

Après des années d’échecs sur le marché export, les prochaines années semblent pour le moins radieuses pour le Rafale de Dassault Aviation mais risque de contrarier son principal client l’Armée de l’Air française. En juin 2015, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, faisait état auprès du journal « La Tribune » de son inquiétude pour les capacités opérationnelles de l’armée de l’air en cas de nouveau succès à l’export. Déjà, sur les 24 appareils égyptiens, 11 seront prélevés sur ceux que l’armée de l’air devait percevoir. C’est pourquoi certaines chaînes d’assemblage à l’étranger seront sérieusement à envisager dans les années futures.

Dès le mois de juillet 2015, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, annonçait à la presse, que les cadences de production allaient être rapidement augmentées pour être triplées à partir de 2018 si le contrat indien se réalisait. C’est chose faite.

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Contrats déjà remportés par Dassault Aviation :

  • France : 180 exemplaires ont été commandés à ce jour et une 5e tranche portant à 225 le nombre d’appareils sera négocié après 2017 ;
  • Egypte : 24 appareils dont 3 déjà livrés ;
  • Inde : 36 appareils à livrer avant 2023 ;
  • Qatar : 24 appareils à livrer à partir de 2018.

Futures opportunités pour le Rafale :

  • la Belgique : Bruxelles envisagerait d’acquérir de 35 à 55 avions de combat pour remplacer ses F-16. Le F-35 (Lockheed Martin) fait figure de favori en raison notamment de la décision des Pays Bas et de la Norvège de maintenir leur choix pour l’appareil américain ;
  • le Brésil : si le JAS 39E Gripen a été récemment choisi par l’armée de l’air, Brasilia souhaite acquérir un nouveau porte-avions. La version navale du Rafale aurait alors pour seul concurrent le F/A-18E/F Super Hornet de Boeing ;
  • le Canada : 65 appareils même si le choix du F-35 reste toujours au 1er rang pour remplacer ses CF-18 Hornet à l’horizon 2017-2020 ;
  • la Colombie : Bogotá cherche à remplacer ses Kfirs, le pays s’orienterait vers des appareils neufs ou d’occasion tels le F-16 (Lockheed Martin), le Sukhoi russe Su-30, le Gripen suédois (Saab) et les Rafale et Mirage2000 de Dassault Aviation ;
  • l’Egypte : 12 appareils supplémentaires en option ;
  • les Emirats-Arabes-Unis : 60 appareils en remplacement des Mirage 2000-9 ;
  • la Finlande : 62 F/A-18 Hornet à remplacer entre 2025-2030 pour son programme HX. Le Rafale est en concurrence face aux F-35 JSF (Lockheed Martin), le JAS 39E Gripen (Saab), l’Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) et le F/A-18/E/F Block II Super Hornet (Boeing) ;
  • l’Inde : le contrat initial du marché MMRCA portait sur 126 appareils avec 64 autres en option. L’armée de l’air indienne indique que 80 appareils minimum sont nécessaires pour équiper 5 escadrons. De plus la force aéronavale indienne pourrait être encline à s’équiper de l’appareil.
  • la Malaisie : 18 appareils pour remplacer ses MiG-29 ;
  • le Qatar : 12 appareils supplémentaires en option ;
  • la Suisse : 18 appareils suite au rejet par référendum du Gripen NG pour remplacer ses vieux F-5 Tiger voire à plus long terme même un remplacement de ses F-18.

Autres opportunités délaissées :

  • L’Arabie Saoudite : malgré les bonnes relations entre Paris et Ryad, le royaume a fait le choix de s’équiper ces dernières années d’appareils américains (F-15 de Boeing) et britanniques (Eurofighter Typhoon et Panavia Tornado). Cependant, des rumeurs persistent quant à la vente de l’appareil multirôle de Dassault ;
  • L’Argentine : en raison des appels continus vis-à-vis des iles Malouines, la France ne souhaite pas répondre favorablement dans le contexte actuel à la demande de remplacement des Mirage III et autres Super Etendard. Après les Etats-Unis (F-16), Israël (Kfir), l’Espagne (Mirage F1) et le Brésil (veto du Royaume-Uni pour des Gripen), le pays s’orienterait vers la Chine ou la Russie malgré des finances exsangues ;
  • La Bulgarie : depuis 2004 Sofia a l’intention de renouveler ses appareils d’origine soviétique mais ses moyens limités ne lui permettent pas, des Gripen voire des Eurofighter Typhoon d’occasion sont considérés ;
  • La Croatie : 12 appareils pour remplacer ses MiG 21, le pays se tournerait plutôt vers le Gripen à l’horizon 2019-2024 ;
  • le Danemark : 30 appareils (48 appareils initialement) pour remplacer ses vieux F-16 à l’horizon 2020-2024. Malgré son coût le F-35 (Lockheed Martin) a largement ses chances face aux Boeing F/A-18/E/F Block II Super Hornet, Eurofighter Typhoon (BAE Systems, Airbus, Finmeccanica) et le Saab JAS 39 Gripen NG. Copenhague est déjà un fournisseur de 3e rang pour le programme JSF et a engagé déjà plus de 200 millions $ dans celui-ci. ;
  • La Grèce : Athènes s’est longtemps intéressé au Rafale mais ses finances publics ne le lui permettent pas ;
  • La Libye : la situation actuelle du pays ne le permet plus alors qu’à l’occasion de sa visite officielle en France en décembre 2007, l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi négociait 14 appareils ;
  • Le Koweit : la signature en septembre 2015 d’une lettre d’intention avec Finmeccanica pour 28 Eurofighter Typhoon semble exclure dorénavant le Rafale ;
  • Mexique : même si cela n’est pas à l’ordre du jour, le pays ne cesse de repousser le remplacement de ses F-5 ;
  • La Slovaquie : Bratislava a annoncé récemment son choix pour 8 appareils JAS-39 Gripen en leasing comme son voisin tchèque ;
  • Le Venezuela : des rumeurs persistent quant à la possibilité du pays à acquérir des Rafale malgré ses acquisitions russes.

 

 

 

 

 

France, India, Agree To Details on Rafale Offsets

By Vivek Raghuvanshi, November 8, 2015

NEW DELHI — Under an offsets deal reached by India and France regarding the acquisition of 36 Rafale fighter jets, France has agreed that it will fulfill its obligations only within the aerospace arena and not partly through research and development projects, an Indian Defence Ministry source said.

Rafale à vendre sur le parking de l'aéroport de Mitiga

Rafale à vendre sur le parking de l’aéroport de Mitiga

With a final agreement reached on offsets, India and France are likely to sign a protocol by the end of this month to buy 36 Rafales and thereafter the price negotiations will follow, leading to a final deal in the next four to six months, the MoD the source added.

Ever since Indian Prime Minister Narendra Modi announced in his April visit to Paris that India intended to buy 36 Rafales on a government-to-government (G2G) basis, talks between India and French were stuck on the issue of offsets, with the French initially not agreeing to discharge offsets at all.

India wants 50 percent of the total amount of the deal, estimated to be around $10 billion for 36 Rafales, including weaponry, to be matched by offsets involving purchases from the Indian aerospace sector, including tie-ups and cooperation with domestic defense companies to boost India’s defense production base.

The French wanted 20 percent of the offsets to be discharged through R&D tie ups with India’s Defence Research and Development Organization (DRDO), but the MoD rejected their request, the source added. The list of R&D projects in which the French had evinced interest to participate is not known.

But Dassault Chairman Eric Trappier said, « We are working with the Indian authorities on the offsets. Nothing has been decided. We are following the Make in India program. It’s going in the right direction. Talks are still continuing. »

The French Defense Ministry declined comment.

« The offset policy of 2012 allows offset obligations to be discharged through collaboration with DRDO, subject to some conditions. However, offsets are best undertaken through collaboration with industry, for direct impact on defense manufacturing. This may be the reason for the MoD’s position, » said Vivek Rae, MoD’s former director general of procurement.

« It is not a good idea to discharge all offsets through DRDO. »

« A G2G contract is a customized contract. So the two countries can agree to a unique set of terms of conditions, but these have to be mutually acceptable. While doing so, neither party can completely overlook the laws, regulations, procedures and precedents, » said Amit Cowshish, MoD’s former financial adviser.

India typically allows companies to discharge offset obligations through participation in R&D projects along with the direct purchase of equipment and systems in designated areas from industry, and training.

The G2G deal on Rafale was a separate deal to the 2007 request for proposal, which has since been canceled. Under the 2007 RFP, India was to procure 126 Rafales with 108 being license-produced in India.

MoD’s top acquisition body, the Defence Acquisition Council, on Sept. 1 gave the go-ahead to the negotiation committee on purchasing Rafale jets for the Indian Air Force.

Source : DefenseNews

Aéronautique : les Emirats Arabes Unis en guerre, la fièvre des commandes tombe

Par Michel Cabirol, à Dubai  |  09/11/2015

Les Emirats Arabes Unis sont en guerre au Yémen. Un conflit qui coûte très cher et qui repousse à plus tard les dossiers d’acquisitions de nouveaux équipements militaires. Les compagnies aériennes du Golfe digèrent quant à elles leurs précédentes commandes faramineuses.

Qu’on se le dise en France, les Emirats Arabes Unis (EAU) sont en guerre. Au Yémen précisément, les troupes émiraties, qui déplorent quelques pertes humaines (68 morts), combattent aux côtés des Saoudiens principalement. C’est le message qu’a d’ailleurs fait passer le prince héritier d’Abu Dhabi, Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, qui a inauguré dimanche le Dubai Air Show, à ses interlocuteurs français en leur précisant que cette guerre sera très certainement longue. « Nous n’avions pas du tout la perception de cette situation ici en France », reconnait un industriel surpris par ce discours.

Les Emirats focalisés sur le conflit au Yémen

leclerc-eau-20150803Comme c’est le premier conflit à l’étranger auquel des troupes au sol émiraties participent, les autorités sont donc très focalisées sur cette guerre. Du coup, les discussions sur les projets d’acquisitions, dont le Rafale, sont ralenties en attendant des jours meilleurs. « Il faut attendre une meilleure conjoncture », estime-t-on à La Tribune. Car la guerre au Yémen coûte très chère aux Emirats, qui pâtit en outre d’un prix du baril trop faible. Il a perdu la moitié de sa valeur depuis juin 2014, le cours du « light sweet crude » pour livraison en décembre s’élevait vendredi à 44,29 dollars.

Sheikh Mohammed n’a donc pas abordé les dossiers armement lors de la première journée du salon de Dubai, à l’exception de quelques programmes d’urgence opérationnelle liés au conflit comme par exemple des besoins en optronique. D’autant que les Emirats, qui sont déjà très bien équipés, utilisent la plupart de leurs systèmes d’armes achetés ces dernières années dans les combats au Yémen, y compris les chars Leclerc, qui donnent entière satisfaction, selon une source française.

« Nous pensons que les prix du pétrole vont se maintenir à leur niveau actuel pendant des années et, par conséquent, les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) devraient procéder à des ajustements budgétaires », a déclaré dimanche la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

Le civil également en berne

Avant de rallier Dubai pour le salon aéronautique, qui a ouvert ses portes dimanche, les constructeurs ne s’attendaient pas à de nombreuses commandes. Ce sera le cas pour le millier d’exposants d’une soixantaine de pays qui participent jusqu’à jeudi au Dubai Air Show. Contrairement à la dernière édition qui avait établi un record en générant 200 milliards de dollars de commandes. Les compagnies du Golfe, principalement Emirates, Etihad et Qatar Airways ont déjà commandé de très nombreux appareils. « Il faut qu’elles digèrent ces commandes », expliquent plusieurs industriels.

Le PDG d’Etihad, James Hogan, a notamment précisé que les commandes de sa compagnie suffisaient à couvrir ses prévisions de développement jusqu’à 2040. Emirates a finalisé en 2014 une commande de 150 Boeing 777, pour une valeur de 56 milliards de dollars. « Emirates a signé il y a deux ans de nombreux contrats », a déclaré dimanche à l’AFP le président de la compagnie, Sheikh Saïd Al-Maktoum, laissant entendre qu’il n’y aurait pas de commandes cette année. Il avait indiqué peu auparavant aux journalistes ne pas s’attendre à de « nouvelles » commandes, étant donné le grand nombre de commandes des « compagnies du Golfe lors de la dernière édition du salon ».

Un marché toujours en croissance

En dépit d’une édition pauvre en annonces, la croissance de la zone du Moyen-Orient (6,2%) reste secteur à celle du reste du monde, qui est d’environ 5%. Selon Boeing, la demande de nouveaux avions au Moyen-Orient sera de 3.180 appareils au cours des 20 prochaines années, pour une valeur de 730 milliards de dollars. « Environ 80% de la population mondiale vit à huit heures de vol du Golfe », a expliqué le vice-président de Boeing Commercial Aircraft Randy Tinseth. Grâce à cette position géographique stratégique, les compagnies du Golfe offrent des liaisons à une seule escale entre de nombreuses villes.

Le constructeur brésilien Embrarer, spécialisé dans les avions de taille moyenne a indiqué pour sa part s’attendre à une demande au Moyen-Orient de 220 avions de 70 à 130 sièges d’ici 2034 d’une valeur totale de 10 milliards de dollars au prix du catalogue.

Source : La Tribune

La frégate Normandie vendue à l’Égypte : joli contrat ou cadeau empoisonné ?

Publié le 15/02/2015

La vente à l’Égypte d’une frégate multi-mission FREMM déjà payée par la Défense est une nouveauté. Les armées percevront-elles le produit de ce contrat ?

Le client est roi ! Et pour répondre rapidement aux exigences du maréchal-président al-Sissi, le nouvel ami de la gauche française qui voulait bien commander une frégate multi-mission FREMM, il fallait que celle-ci fût livrée avant le mois d’août 2015. Impossible de faire aussi vite, sauf à lui vendre un bâtiment terminé, sur le point d’entrer en service dans la marine nationale. C’est donc la solution qui a été choisie. Cette procédure inhabituelle n’est pas choquante par principe, et la marine nationale n’a pas contesté la nécessité du sacrifice sur l’autel de la réussite d’un beau contrat export.

Le navire, facturé 650 millions d’euros, sera vendu environ un milliard à l’Égypte, le supplément de 350 millions (plus de la moitié du prix du navire) étant constitué par un ensemble de munitions et de services. Ces derniers étant notamment destinés à former l’équipage, ce qui ne s’improvise vraiment pas sur un navire aussi technique, à la pointe mondiale de la modernité, et doté d’un équipage réduit au strict minimum. C’est aujourd’hui le fleuron de son constructeur DCNS, qui conclut ainsi son deuxième contrat export, après la vente d’une première FREMM au Maroc. L’Égypte devient l’un de ses meilleurs clients, après avoir déjà acheté en 2015 quatre petites corvettes Gowind, pour un total d’un milliard d’euros.

La marine veut ses six FREMM

L’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine nationale, a confirmé lors d’une récente rencontre avec l’Association des journalistes de défense qu’il ne voyait pas d’inconvénient à la cession d’un navire français à l’Égypte. Il a cependant ajouté une précision sibylline à propos de ces FREMM : « Du moment que DCNS me garantit d’en avoir quatre d’ici à fin 2016, et six d’ici à fin 2018, alors, ça va ! »

De fait, la loi de programmation militaire 2014-2019 (LPM) prévoit bien que la marine disposera de 6 FREMM, non pas fin 2018, mais fin 2019. Ce petit détail mis à part, il y a quand même un problème. Car pour que la frégate Normandie soit remplacée dans l’arsenal français d’ici fin 2019, il faudrait que DCNS accélère sa production en ajoutant une FREMM à son programme industriel. Après l’avoir réduite ces dernières années, non sans négocier de substantielles compensations financières avec l’État ! Cette option ne paraît donc pas réaliste, d’autant plus que DCNS a désormais adapté son plan de charge pour le rendre conforme au rythme ralenti de la LPM.

650 millions d’euros pour la Défense ?

Le dossier n’est pas rendu plus simple par plusieurs autres considérations : tout d’abord, la frégate Normandie est pratiquement intégralement payée. Second point : il ne s’agit pas d’un programme franco-français mais européen (franco-italien en l’espèce), géré par un organisme européen, l’OCCAR (Organisme conjoint de coopération en matière d’armement).

De quelque point de vue que l’on examine cette question, les 650 millions d’euros déjà payés par la Défense vont être remboursés. Mais à qui ? Au restaurant du ministère de la Défense (« les cent mille mâchoires »), chaudron où bouillonnent les rumeurs, on entendait tout récemment que le ministère des Finances considère que cet argent ne revient pas à la Défense mais à l’État. Qui pourrait alors reverser ces sommes au titre des ressources exceptionnelles (REX), qui font défaut à hauteur de 2 milliards environ pour boucler le budget 2015. Les fameuses sociétés de projet qui visent précisément à pallier ces difficultés du budget 2015 – dans un premier temps – ont certes été votées dans le cadre de la loi Macron. Il n’empêche que – allez savoir pourquoi ! – certains craignent un coup fourré. Des mises au point seraient sans doute utiles.

Source : Par Jean GuisnelLe Point

Le contrat Rafale égyptien, son succès, ses zones d’ombre

15/02/2015

C’est de bonne guerre : les politiques se sont arrogé tout le crédit du succès du contrat Rafale. Mais se sont gardés d’éclairer ses zones d’ombre. Éclairage

Depuis le 10 février et l’annonce de sa signature, le contrat visant à fournir 24 chasseurs-bombardiers Rafale et une frégate multimissions FREMM à l’Égypte a fait l’objet d’une communication politique gouvernementale sans pareille. Et d’un étourdissant silence concomitant dans les armées. Ces dernières ont été largement associées aux efforts commerciaux des industriels, des politiques et de la direction générale de l’armement, y compris en payant ces missions sur leurs ressources, depuis une vingtaine d’années s’agissant du Rafale.

Après cette victoire commerciale, elles se réjouissent, sans avoir encore eu l’occasion de s’exprimer. La consolidation de la « base industrielle et technologique de défense » (BITD) permise par un tel contrat a tout pour les satisfaire. Pourtant, leurs analyses sont mitigées et leur satisfaction mesurée. Explications sur le volet Rafale du contrat. Nous évoquerons la vente de la frégate dans un autre article.

Qui a négocié le contrat Rafale ?

Sur ce point, la communication de François Hollande et de Jean-Yves Le Drian est très claire. Les discussions d’État à État ont été conduites à leur niveau pour la partie française. Mais la partie technique, « l’équipe de France », compte – selon l’entourage du ministre de la Défense – les trois principaux industriels concernés (Éric Trappier pour Dassault Aviation, Antoine Bouvier le missilier MBDA, Hervé Guillou pour les chantiers navals DCNS) et le cabinet du ministre. Le délégué général pour l’armement (DGA) Laurent Collet-Billon se trouvait également dans la boucle.

Côté égyptien, les discussions ont été conduites d’abord par le chef de l’État en personne, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, puis par une équipe resserrée autour du ministre de la Défense Sedki Sobhi. On ne sait que très peu de choses de ce contrat, mis à part ce qui a été dit par la partie française sur son montant (5,2 milliards d’euros) et son financement : la moitié apportée par l’État égyptien, qui n’a pas un sou, mais serait – selon la communication gouvernementale française – soutenu par les Émirats arabes unis et/ou l’Arabie saoudite. Cela reste à vérifier. C’est sur cette part que serait prélevé l’acompte de 10 % du contrat (500 millions d’euros) qui marquera son entrée en vigueur effective.

Quand ? Les Échos ont écrit « deux à trois semaines ». Cela reste à vérifier. Enfin, la moitié du montant du contrat serait prêté à l’Égypte par un consortium des plus grandes banques françaises. Celles-ci souscriront une assurance-export auprès de la COFACE (la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur, spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation, NDLR) que l’État français aurait accepté de garantir. Seul François Hollande pouvait prendre cette décision, véritable clé pour le déblocage de cette vente.

Combien d’avions seront livrés en 2015 ?

Selon nos informations, six avions seront prélevés pour le contrat égyptien en 2015 sur les chaînes de production de Dassault, dont la moitié avant le mois d’août. Le Canard enchaîné a écrit que ces trois appareils pourraient en fait être prêtés. Dassault doit fabriquer cette année essentiellement des Rafale biplaces, destinés initialement à l’instruction des pilotes et aux missions nucléaires françaises.

Dans les couloirs du ministère de la Défense, des sources estiment « imminente » une annonce pour un contrat Rafale au Qatar, pour 24 appareils. Certains de ces Rafale seraient-ils également prélevés sur la chaîne Dassault, qui doit produire 11 appareils en 2015 ? C’est possible. Personne ne communique sur le fait que les avions actuellement sur la chaîne de montage sont dotés d’équipements qui ne peuvent être exportés (communication gouvernementale, logiciels, liaisons Otan, éléments radar, etc.). Pour être vendus à l’Égypte, ces appareils doivent être « défrancisés ». Combien de temps cela prendra-t-il ?

Comment seront formés les pilotes égyptiens ?

On pourrait penser que les industriels vendant un avion se chargent de former les pilotes qui en prendront les commandes. Il n’en est rien, et l’un des principaux arguments des vendeurs consiste justement à mettre en avant le savoir-faire des militaires français qui assureront la formation des pilotes égyptiens. La « transformation » d’un pilote étranger déjà breveté sur un autre chasseur (F-16 ou Mirage 2000 dans le cas égyptien) nécessite jusqu’à 200 heures de vol, parfois un peu moins. Cette tâche reviendra donc à des formateurs français de l’armée de l’air, sans doute sur des avions français, car les industriels souhaitent livrer à leurs clients des avions au potentiel de vol intact.

Les avions de l’armée de l’air française volent environ 200 heures par an. Le calcul est simple : la formation d’un seul pilote égyptien consommera le potentiel annuel d’un pilote français (dans l’idéal 180 heures de vol par an) et d’un Rafale. Qui paiera ? Les armées n’ayant pas été associées aux négociations du contrat, elles ne le savent pas. Mais il y a peu de chances que les Rafale que le maréchal Sissi souhaite voir voler lors d’un défilé militaire en août prochain soient pilotés par des pilotes nationaux au faîte de leur formation.

Qu’en est-il des Rafale de l’armée de l’air française ?

La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 prévoit la fabrication de 66 Rafale, dont 26 pour l’armée de l’air française, et 40 pour l’exportation. Onze ont été livrés l’an dernier et les Français doivent donc en recevoir encore quinze d’ici la fin de 2019. Sur les 40 destinés à l’exportation sur cette période, 24 viennent d’être vendus à l’Égypte. C’est évidemment une excellente nouvelle pour la LPM, mais il en reste 16 à vendre pour que celle-ci ne connaisse pas de nouveau problème de financement. La défense a très bon espoir que cette question soit résolue rapidement.

Quels seront les armements livrés avec le Rafale ?

C’est un point assez sensible, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il semble que certains de ces armements (notamment les missiles air-air) seront prélevés sur les stocks de l’armée de l’air. Seront-ils remplacés et à quelles conditions ? Quant aux bombes guidées AASM (Armement air-sol modulaire) que produit le groupe Safran, un achat égyptien – qui reste à confirmer – serait plutôt une bonne nouvelle : manquant de client à l’export, la production de cette arme exceptionnelle de précision allait être interrompue. Les chaînes pourraient donc tourner plus longtemps. Sauf bien sûr si les Français profitaient de l’occasion pour réduire leurs propres commandes ! Affaire à suivre… Quant au dernier missile vendu avec le Rafale, le SCALP, dont la version export s’appelle le Black Shahine, c’est l’atout maître du Rafale. Ses performances soumettent cependant son exportation à sa conformité au traité MTCR, donc à son bridage.

Source : Par Jean GuisnelLe Point

Inde : A big step in India’s Rafale jet deal with France

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New Delhi The Indian government and French aerospace major Dassault have sealed a work share agreement in what is being described as a big step forward, almost two years after negotiations began in the deal for 126 Rafale fighter jets to be bought by India.

The government’s Hindustan Aeronautics Limited or HAL will do 70 per cent of the work on the 108 planes that will be manufactured in India. Dassault would do the rest of the work, sources said.
 
The first 18 of the fighters will be fully manufactured in France and will be brought to India in « fly-away » condition.

India has apparently rejected Dassault’s reservations about having HAL as the major player.

The final contract, though, is still far from being signed. For one, India’s Ministry of Defence has no money in the current financial year that ends this month, for initial payment.

Also, general elections are due by May and the final contract will only be signed by the next government, if it chooses to go ahead on the same terms and conditions.

Dassault Aviation had won the contract to supply 126 Medium, multi-role combat aircraft or MMRCA in 2012. The massive contract is pegged at anywhere between 12 to 15 billion dollars.
 
Sources said the deal is complex and requires both sides to be in sync on commercial factors, logistics and HAL’s ability to assemble the Rafale.

For instance, the radar on the Rafale jet is to be manufactured by Bharat-Electronics Ltd (BEL) in Bangalore. The Radome (the protruding snub nose on the aircraft) would, however, be manufactured by HAL at its Hyderabad facility. Dassault wanted clarity on how the two units would coordinate their activities.
 
Now, HAL has apparently agreed to set up a new facility close to the one that BEL has in Bangalore.
 
The French and Indian governments are also working on an agreement for a sovereign guarantee that Dassault will supply, service and maintain the Rafales over the next 40 years.

This is an important provision in the Indian defence procurement procedure, designed to ensure that manufacturers don’t renege on their commitment.

 

Source : NDTV

Saab serre les coûts malgré les succès du Gripen à l’international

La victoire dans l’appel d’offres brésilien assure le futur de l’avion de combat suédois.
Touché par les baisses des budgets occidentaux, l’industriel supprime des postes.

Parfois regardé de haut par les « grands » avionneurs militaires, Saab a obtenu son bâton de maréchal en imposant la future version de son Gripen au Brésil face au Rafale de Dassault et au F18 de Boeing. Le groupe de défense suédois avait frappé un grand coup en Suisse quelques mois plus tôt en coiffant au poteau le même Rafale et l’Eurofighter du trio BAE- EADS- Finmeccanica. Mais la conclusion du contrat est dépendante du résultat d’une votation l’année prochaine. Avec le Brésil, la négociation, rendue complexe par les transferts de technologie imposés, devrait prendre de un à deux ans.

Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là. N’empêche : Saab, qui emploie 14.000 personnes pour 24 milliards de couronnes de chiffre d’affaires (2,7 milliards d’euros), est bien parti pour signer le plus gros contrat de son histoire. Evalué à 4,5 milliards de dollars pour 36 exemplaires, il s’agit même du plus gros contrat à l’exportation de la Suède, soulignait le quotidien « Dagens Industri ».

« Cela veut dire beaucoup, à la fois pour Saab et pour la Suède. Pour notre défense, cela signifie qu’il y a un partenaire de plus impliqué qui va développer et employer ce système d’avions de combat. Cela veut dire des synergies », s’est félicitée la ministre de la Défense, Karin Enström, citée par l’AFP. Le futur contrat brésilien garantit même la « survie » de Saab, est allé jusqu’à affirmer Björn Enarson, un analyste de la Danske Bank.

Pendant longtemps, Stockholm a été très réticent à financer seul la nouvelle génération du Gripen, mettant ainsi en doute la pérennité de l’appareil conçu dans les années 1980. En enrôlant le Brésil et la Suisse si le résultat du référendum est positif, la Suède peut espérer réduire les risques financiers liés à un développement forcément coûteux : il s’agit d’augmenter le rayon d’action, le nombre de missiles, les capacités du radar ou encore de moderniser l’avionique. Evidemment, c’est un signal positif envoyé à tous les prospects dans le monde intéressés par ce type d’avion de moyenne puissance.

L’avenir est-il donc dégagé pour Saab ? Pas complètement. Comme tous les groupes dépendant des contrats militaires, l’industriel suédois souffre des coupes dans les budgets militaires occidentaux. La potion est la même pour tous : restructurations et cap sur le grand export. EADS va par exemple supprimer 5.800 postes, en très grande partie dans sa future division défense et espace. Thales passe par un contrat de gestion anticipée de l’emploi, mais les symptômes sont identiques (« Les Echos » du 20 décembre).

Améliorer l’efficacité

Malgré le succès éclatant du Gripen, Saab ne va pas relâcher ses efforts. Lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, Håkan Buskhe, son PDG, n’a pas caché que l’heure était aux économies. Ainsi, dans le cadre d’un plan annoncé en juillet, la division électronique de défense va perdre entre 150 et 175 emplois. Dans une autre division, baptisée « Dynamics » (armement terrestre, missiles, torpilles…), ce sont 70 postes qui sont supprimés. Partout, des mesures sont prises pour améliorer l’efficacité de l’entreprise. Les contrats de 150 consultants extérieurs ont été arrêtés. Le chiffre d’affaires 2013 est attendu stable sur un an.

Prudent, Stockholm s’était gardé la possibilité d’annuler la très grosse commande passée en début d’année pour moderniser sa flotte de Gripen si Saab ne parvenait pas à sécuriser un contrat export pour la nouvelle génération de l’avion. Le Brésil est arrivé à point nommé !

Source : Les Echos

Canada Cancels $2.1B Armored Vehicle Purchase

23/12/2013

The Canadian military announced Friday the cancellation of plans to purchase $2.1 billion (Canadian dollars) worth of combat vehicles, citing budget constraints.

« We recommended that the government of Canada not proceed with the procurement process for the Close Combat Vehicle, » said a statement.

Defense Minister Rob Nicholson agreed.

The program to purchase 108 of the vehicles was conceived at the height of Canada’s decade-long military involvement in Afghanistan.

They were to be larger and more heavily-armored than the LAV III vehicles in use at the time, and which provided too little protection against insurgents’ roadside bomb attacks.

Four years later, Canada’s combat mission in Afghanistan is over and the government is reviewing its defense needs.

Canada’s longest-running combat mission officially ended in July 2011 — after joining NATO’s coalition in Afghanistan to overthrow the Taliban a decade earlier — with the handover of security duties in Kandahar province to US and Afghan troops.

Canadian forces have since been training Afghan army and police in and near Kabul. The last military trainers are scheduled to pull out of Afghanistan in March.

Defense contractors Nexter, BAE Systems and General Dynamics Land Systems bid on the armored vehicle project, but a decision on a supplier had yet to be announced.

General Tom Lawson, the chief of the defense staff, told a press conference that upgrades to its fleet of LAV III have « addressed the protection concerns » of the military.

« The capabilities of the Upgraded Light Armored Vehicle III are far superior to what was originally envisioned » in 2009, he explained.

Additionally, increased surveillance and reconnaissance capabilities, advances in countering improvised explosive devices (IEDs), and improvements in the army’s tactics « have all resulted in significant mitigation of tactical risk to our soldiers in deployed combat operations, » he said.

The fate of other planned major purchases of fighter jets, frigates, Arctic patrol ships and an assortment of armored vehicles, meanwhile, remains in doubt as the government continues cutting spending in order to return to a balanced budget by 2015.

Source : Defense News

Turkey Increases Defense Spending in 2014 Budget

24/12/2013

Turkey’s parliament has approved a 6.71 percent increase in the country’s defense budget, according to budget figures released after a debate.

The budget, drafted in October and debated in parliament since then, took effect Dec. 20 after a parliamentary vote in favor of it.

According to the 2014 budget figures, Turkey’s defense ministry got an annual budget worth $10.908 billion, up 7.15 percent from $10.18 billion in 2013.

Part of Turkey’s defense spending are budget appropriations for the Gendarmerie and the Coast Guard, both of which operate under the interior ministry but are considered a de facto part of the Turkish military.

The Gendarmerie in 2014 will get $3.08 billion, up 5.35 percent from $2.922 billion in 2013. The 2014 budget appropriation for the Coast Guard is $226 million, compared to $216 million.

The three departments that make Turkey’s defense budget will get $14.212 billion in 2014, up 6.71 percent from $13.317 billion in 2013.

The 2014 defense budget accounts for 3.7 percent of the overall state budget.

About half of Turkey’s defense budget goes to personnel spending (salaries, benefits and pensions), with the rest mostly going to finance new equipment and maintenance.

Apart from that budget, the Turkish government runs an annual Defense Industry Support Fund to finance modernization programs. That fund, mostly financed by levies on gambling, tobacco and alcohol, is worth around $600 million annually.

Source : Defense News

François Hollande en Arabie Saoudite pour discuter de très gros contrats de défense

26/12/2013

Le président français sera en Arabie Saoudite les 29 et 30 décembre. François Hollande évoquera dans ses discussions avec le roi Abdallah notamment deux contrats : Mark 3 (4 milliards d’euros) et Sawari 3 (entre 15 et 20 milliards d’euros).

C’est une visite d’Etat à très, très gros enjeux pour l’industrie de défense française. Tout le secteur aura les yeux tournés vers l’Arabie Saoudite où François Hollande se rendra les 29 et 30 décembre pour une visite officielle de 24 heures dominée par la situation régionale et les enjeux économiques. Une visite expresse du Chef de l’Etat, qui doit rencontrer le roi Abdallah et qui pourrait réjouir lors des fêtes de fin d’année une industrie touchée par la baisse des budgets de défense, dont celui de la France. 

Au menu des discussions entre Paris et Ryad, deux méga-contrats, qui font tourner toutes les têtes de l’industrie de défense : l’un portant sur le renouvellement de la défense aérienne (Air defence) de courte portée du royaume (Mark 3) pour un montant de 4 milliards d’euros, dont une première tranche de 2,5 milliards, l’autre sur la modernisation de la flotte de surface et la création d’une flotte sous-marine, une commande estimée entre 15 et 20 milliards d’euros, selon des sources concordantes. Le premier fait l’objet depuis des mois et des mois d’une guerre en coulisse où tous les coups sont permis entre Thales d’un côté et MBDA/EADS de l’autre. Le second génère en revanche un consensus général dans toute l’industrie. Normal, tous les groupes ou presque y trouvent leur intérêt. « C’est pour cela qu’il n’y a pas de snipers dans ces négociations », explique un des industriels concernés.

Mark 3 défendu par l’Elysée

François Hollande repartira-t-il avec un pactole ou cette visite sera-t-elle un énième coup d’épée dans l’eau ? Depuis 1995, la France a fait un flop en Arabie Saoudite dans le domaine de la défense. Depuis, Paris, dont les intérêts géostratégiques se sont rapprochés de ceux défendus par Ryad, remonte en flèche dans l’estime des Saoudiens, qui ont septembre débloqué le contrat LEX portant sur la modernisation d’une partie de la flotte de la marine saoudienne (1 milliard d’euros). La France profite également des relations tendues entre Washington et le Royaume.

Pour cette visite, l’Elysée a une nouvelle fois tranché en faveur de Thales. François Hollande, qui sera accompagné par le PDG du groupe d’électronique Jean-Bernard Lévy, défendra la proposition de l’électronicien pour renouveler le parc de systèmes de défense aérienne avec des Crotales NG, selon des sources concordantes. « La priorité, c’est ce dossier », explique-t-on à La Tribune. Au grand dam de MBDA et EADS, qui souhaitaient inclure dans l’offre française des VL-Mica et le système SAMP/T.

Avec l’aval de l’Arabie Saoudite, François Hollande abordera le contrat de Sawari 3, qui portent sur la vente de six frégates multimissions Fremm de DCNS et la création d’une force sous-marine. Soit entre 15 et 20 milliards d’euros. « Il existe une forte volonté de Ryad d’avancer rapidement sur ce dossier, assure-t-on à La Tribune. C’est en plus un projet fédérateur pour la France et les groupes DCNS, Thales, EADS et MBDA« .

Syrie, Liban, Iran au centre des discussions

Le président français, qui s’était déjà rendu dans le royaume un an plus tôt, le 4 novembre 2012, s’entretiendra de nouveau avec le roi Abdallah avec lequel il devrait évoquer ces questions régionales (Iran, Liban, Syrie….). « L’Arabie saoudite est un partenaire de confiance et de référence pour la France au Moyen-Orient et il s’agit de conforter cette relation excellente », souligne-t-on à l’Elysée.

Au cours de cette visite, plusieurs accords commerciaux devraient être signés et des perspectives d’investissements saoudiens en France évoquées. La France a également développé une coopération institutionnelle avec le Royaume en matière judiciaire, universitaire, de santé ou culturelle.

Source : La Tribune

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